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Les années folles
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Pour son dernier film, le cinéaste André ­Téchiné se penche sur un fait divers fascinant de l’entre-deux-guerres, révélé par les historiens Fabrice Virgili et Danièle Voldman dans La Garçonne et l’Assassin (Payot, 2011). Paul Grappe (Pierre Deladonchamps), appelé de la première heure dans les tranchées de la Grande Guerre, ne supporte plus l’éclat des obus. C’est en déserteur qu’il revient à Paris auprès de son épouse, Louise (Céline Sallette), une couturière, qui le déguise en femme pour éviter les cancans du voisinage.

Dans la perspective psychologique des personnages : Paul devient Suzanne, un personnage qui lui colle tellement à la peau qu’il traverse les années 1920 sous cette identité. Suzanne révèle Paul à lui-même, le jette dans une quête de nouveaux plaisirs, l’initie à la prostitution lors de virées nocturnes au bois de Boulogne, et redéfinit en profondeur ses relations de couple.

Téchiné en appelle alors au sou­venir de Lola Montès (1955), le chef-d’œuvre maudit de Max Ophüls, où la vie d’une courtisane se retrouvait ­exhibée dans l’arène d’un cirque. D’où vient que Nos années folles ne convainc finalement pas complètement ? Sans doute manque-t-il un parti pris de mise en scène aussi fort que le sujet. La piste du cabaret semblait inviter à un jeu autour de l’artifice, de l’illusion, des faux-semblants. Or le film est la plupart du temps engoncé dans un « devoir de véracité » et une reconstitution a minima de l’époque, qui ne semblent pas intéresser Téchiné outre mesure. On attend donc en vain cette folie promise par le titre, qui eût sans doute offert une meilleure rampe de lancement vers la réalité d’un drame aussi peu croyable et foisonnant que celui-ci.

Doit on pour autant évoquer le film dans un angle plus consensuel ? Peut on définir ce long métrage dans la quête d'une recherche cinématographique, que le cinéaste nous délivre à chaque nouveauté ? Toutes ces questions abordent l'industrie du 7ème art qu'André Téchiné raconte par le biais de son talent, il fait bon se replonger dans les méandres des décors de cinéma, approuver le jeu des comédiens et surtout ne pas analyser le film par sa vocation de la guerre, le réalisateur lui-même précise : "Les cinéphiles verront dans ce film une histoire, une anecdote et chacun pourra trouver ses impressions". Pour nous, le film malgré ses caractères esthétiques ne brosse pas avec l'acuité du cinéaste, une histoire restant trop dans la banalité !

Note : 4,5/10

Grand Froid
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Adapté de Edmond Ganglion et fils, du romancier Joel Eglof, le film, en dépit de la rareté du genre, ne se situe pas sur ses sommets artistiques. De William Faulkner (Tandis que j’agonise) à Bruno Podalydes (Adieu Berthe, l’enterrement de mémé), on a connu nettement plus inspiré. Ne tirons pas pour autant sur le corbillard : le film, premier long-métrage de son auteur, est tout au plus un gentil premier film de divertissement.

Quelque part en Pologne, au plus froid de l’hiver, (bien que le réalisateur a eu du mal de trouver des journées de neige qui ne fond pas), une rue de village vide entre un resto chinois et un croque-mort. Comble de l'ironie : Personne pour y mourir !. Vu l’état de l’entreprise de pompes funèbres locale, qui périclite. Edmond Zweck (Olivier Gourmet), l’infortuné patron de cet établissement à l’ancienne, liquide donc des godets avec filles rieuses en fond de verre, au restaurant Asiatique d’en face (tenu par un Belge !)...

Un beau jour, une veuve éplorée se présente, grande bourgeoise, cimetière lointain, convoi nécessaire. Les affaires reprennent. Georges (Jean-Pierre Bacri), le bras droit d’Edmond, préretraité blasé, et Eddy (Arthur Dupont), jeune apprenti plein de bonne volonté, sont tout désignés pour convoyer. Les ennuis commencent ici, façon « buddy movie » empêtré, conduisant le film sur le chemin du surréalisme macabre. Stop on en dira pas plus, le film évolue dans le sujet narratif décalé, Bacri a grise mine et son acolyte d'Arthur est sur un registre de l'inexpérience de l'emploi, bref l'humour fuse mais disparaît vite entre deux scènes il faudra être patient pour rire, encore, un peu, pas assez !

Les 20 dernières minutes n'apportent rien !

Note : 6/10

EF

Chacun sa vie
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Claude Lelouch s'est-il laissé déborder par un casting pharaonique ? La surabondance de personnages efface l'intrigue, et si le film est un déroulé de scènes, le réalisateur a défié la camarde, le résultat est plutôt incertain voir intriguant pour la plupart des cinéphiles !

Alors certes, la ville de Beaune pendant le Festival de Jazz, joue la Marquise du 7ème art, masque un procès en rupture de la tranquillité des festivaliers en modélisant le célèbre avocat Eric Dupont-Moretti dans un registre cocasse mais encore amateur dans son jeu d'acteur !

Johnny Hallyday s'efforçant de nous faire croire qu'un sosie entreprenant se fait trop passer pour lui, pose le rôle des comédiens dans un registre surréaliste. Claude Lelouch s'est quand même confié à un journaliste, présageant que son âge faisant, le temps lui est compté ! Fabriquer, inventer, multiplier les scènes pour nous mettre sur des pistes futurs de scénarios qu'il ne pourra peut être plus faire, ç'est ça le secret du maître qui a choisi le cinéma pour un grand rendez-vous de ses potes. A éviter !

Note : 3/10

Eric Fontaine

Rock'n Roll
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Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.

Le film est peut être une satire du milieu du 7ème art, il est aussi un pied de nez au pseudo journaliste et à la presse people...Ecrire ça comme cela ne veut rien dire. Guillaume Canet a poussé son idéologie d'acteur dans un prisme "Néo-Destructeur" tant il apparaît comme un "Baba" du changement de looks, d'un jeu de scène qui prévoit l'inattendu, où la disgrâce d'un tournage subit les asseaux d'un comédien en crise, de la quarantaine mais bien plus que cela !

Le film passe par toutes les phases d'une comédie familiale qui peut le cas échéant faire rire, même si la métamorphose de l'acteur Canet s'apparente plus à un semblant cinématographique peu probable (muscles et Botox), avec un découpage un brin anarchique malgré un complément de seconds rôles (ses potes) plutôt bien vu.

Note : 5/10

Eric Fontaine

Et les Mistrals Gagnants
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Le titre de la chanson de Renaud a inspiré Anne-Dauphine Julliand pour l'écriture de son documentaire...

Souvenez-vous du livre : "Deux petits pas sur le sable mouillé" parlant Thaïs cette petite fille atteinte d'une maladie rare baptisée Leucodystrophie Métachromatique ! C'est l'histoire de sa fille qui aussi a donné la force à la réalisatrice de filmer de longs mois des adolescents luttant contre la maladie. Mais rien de pathétique dans ces histoires et scénettes mises en images dans un documentaire qui prend acte du présent. Plutôt évocateur du courage de Ambre,Camille,Charles, Imad et Tugdual le film présente des jeunes entre 6 et 9 ans vivant leur handicap sans plainte, sans tristesse, sans remord...Bien entendu, certains estiment qu'ils n'ont pas eu la chance des autres enfants qui eux ne sont pas dans l'attente de la guérison, au final c'est l'espoir et leur naïveté de la mort qui leurs donnent cet avantage : De croire que tout est possible même de vivre une courte vie, aussi magique soit elle !

C'est une belle leçon de vie.

Note : 8/10

Eric Fontaine

DALIDA
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Voilà un biopic très critiqué par la presse depuis sa sortie nationale ce 11 janvier 2017. Comment parler de ce film qui relate des parties de vie d'une chanteuse qui a vendu plus de 140 millions d'albums de son vivant et de sa mort !

Que peut on reprocher à Liza Azuelos la réalisatrice qui dans un passé récent à sorti 'Lol' et "Comme t'y es belle !" ? Son manque d'émotions diront certains et dans les forums l'incarnation un peu terne de l'actrice Sveva Alviti ! Bon mon impression est aussi mitigée, j'aurai aimé avoir un peu les larmes aux yeux, et retrouver ce côté sexy qui hantait mon enfance quand la diva Dalida se promenait en robe transparente sur les plateaux des télés ! A t'elle porté une tenue glamour ? On regardait la star sans pour autant écouter les belles paroles de ses chansons ! Au final son côté superficiel mettait une note de charme à la diva qui faisait la une des émissions...

Mais en 2017, on voit ce long métrage avec les lacunes que l'on avait sur la chanteuse, l'histoire est orientée côté vie privée et suicides, mais côté chanson la réalisatrice a sélectionné des titres aux textes révélateurs, on redécouvre une chanteuse blessée par la vie amoureuse de ses amants trop superficiels ou trop aimant à son goût...Le casting prestigieux met en avant un Duvauchelle et un Niels Schneider majestueux dans leur rôle respectif : Des amants amoureux mais pas à la hauteur de Dalida !

Note : 6/10

Eric Fontaine

La fille inconnue
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"La fille inconnue" grâce à la présence d'Adèle Haenel le nouveau long métrage des frères Dardenne, prend la forme post-moderne d'une réflexion sur la culpabilité !

Jenny incarnée par Adèle transforme ce cinéma de la logique basée sur la misère sociale, en un film policier où l'investigation rejoint l'enquête policière version médicale. Seraing en Belgique où le chômage dégomme tout ce qui touche (sous le spectre de la drogue), amène une prostituée à fuir son destin...En n'ouvrant pas sa porte de son cabinet médical, la mort de cette jeune fille va hanter cette jeune remplaçante médicale qui partira à la recherche de la vérité.

Si le film s'apparente à du Ken Loach sous sa forme "La fille inconnue" se joue de la disgrâce d'une société corrompue. Les Dardenne interrogent, questionnent par le prisme du mensonge et nous délivre un découpage narratif classique, sans musique le film amène une vision glauque de la souffrance humaine, sans effet de style même si le sujet pose un regard sur l'identité oublié, le cinéma des frères revendique un cinéma d'auteur qui se trouve dans ce long métrage au paroxysme d'un style un brin dénudé !

Eric Fontaine

6/10

Les Ogres
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Léa Fehner (enfant de la balle) a écrit "Les Ogres" pour peindre un univers qui lui ressemble totalement. C'est son deuxième long métrage et Philippe Liégeois (Rezo Productions) que l'on a rencontré parle du film au singulier. En tant que Producteur, il a porté le film au bout de ses épaules, car cette histoire est née au sein d'une troupe itinérante dans l'observation, la performance d'acteurs, l'improvisation mais aussi grâce à la captation issue du regard de la scripte (Annick Reipert) qui a cherché à ordonnancer les éléments afin de composer un film où se mélange la réalité et la fiction.

Adèle Haenel césarisée n'est pas en reste dans ce psychodrame des saltimbanques, on passe de l'émotion au rire, des pleurs au chaos. Léa Fehner préfère filmer les failles des protagonistes plutôt que la poésie du spectacle. Sa propre famille a contribué à l'élaboration de ce laboratoire d'images "Nous avons visionné plus de 80 heures de rushes et une centaine de versions, sur 9 mois de post-production, pour réaliser Les Ogres..." avouait Philippe Liégeois à Nîmes !

Léa compose son film avec les blessures enfouies, elle prend à contre pied l'ambiance festive de la scène, et accorde une certaine frénésie artistique au jeu du cirque, mais dans l'antre de nos âmes, où l'humain reste le moteur de l'histoire. Le public jouant le rôle des spectateurs eux-mêmes sont plongés dans ce mélodrame, à la fois témoins ou victimes du peu d'informations qui filtrait ou pas du tournage, ce qui amène une certaine absurdité voulue dans le regard de ces figurants qui ne savent plus si la réalité a rattrapé le réel !

Les mises en abyme évoquent nos propres peurs existentielles, le film pose le questionnement de nos vies, de nos fardeaux même si l'exubérance du démarrage de l'histoire plonge trop longtemps les cinéphiles dans la dizaine de portraits des comédiens et de leur passé, le thème choisi et le ton employé font de ce long métrage une oeuvre atypique !

Note : 7/10

Eric Fontaine

 

Tous les chats sont gris
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Ce film de Savina Dellicour réunit Bouli Lanners, Manon Capelle, Anne Coesens...Paul a 40 ans, il est détective et surveille Dorothy 16 ans, car il pense être le père biologique, mais l'ironie du sort fera que la jeune fille prise sur le vif des investigations, interviendra auprès du détective pour lui demander un service : Retrouver son géniteur !

Au final, Paul découvrira qu'il s'est trompé sur son rôle de père potentiel et il découvrira pour Dorothy la vraie identité d'un père, mais surtout le lourd passé d'une mère fêtarde et alcoolisée...Le film développe l'esprit du passé, que l'on ne peut pas gommer complètement le souvenir des êtres humains bons ou mauvais ! Si l'équipe Belge développe l'épreuve sociale entre un rapport Fille/Mère Anne Coesens et Bouli Lanners s'harmonisent bien.

L'adolescence mise en valeur rectifie l'impression du déjà vu par l'empathie que le scénario procure dès la première image sur Manon Capelle, qui fait ses premiers pas au cinéma ! Savina nous délivre un long métrage sensible, le psychodrame est en filigrane et impose une prise de conscience des personnages dans leur attribution. Si l'intrigue se termine bien, le film sans fausse note prend son envol un peu tard, nos âmes sont touchées par cette jeune fille en souffrance même si après coup à la maison le ressenti de l'histoire s'estompe vite.

Note : 6/10

Eric Fontaine

Tout de suite maintenant
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En entrant chez ABFi, Nora Sator semble destinée à mettre en action le titre du film. Jeune femme brillante, elle surmonte les incertitudes de la première journée après l’embauche pour devenir en quelques jours l’étoile ascendante de ce cabinet de ­conseil en fusions-acquisitions.

Elle a à peine 30 ans, elle est belle et bientôt riche et puissante. Mais en lui faisant pénétrer les locaux d’ABFi, Pascal Bonitzer lance son héroïne dans le labyrinthe immatériel des couloirs du temps. Le metteur en scène et scénariste ne peut se satisfaire d’une simple peinture, si raffinée soit-elle, du monde de la finance, univers à deux dimensions. Et Nora Sator (qui est interprétée avec une autorité souvent glaçante, à peine zébrée de failles vite colmatées, par la fille de l’auteur, Agathe Bonitzer) est prise dans un piège dont le ressort est le temps passé.

Dans “Tout de suite, maintenant”, son nouveau film, Pascal Bonitzer, réalisateur, dépeint une histoire de famille dans le monde de la finance. Le film captive par ses rapports entre les personnages qui jouent une véritable comédie humaine. Au départ, “mon producteur m’avait conseillé de lire “Les employés”, un roman peu connu qui se passe dans un ministère, une histoire de pouvoir. J’ai essayé de voir ce que je pouvais en tirer. La politique cela ne intéressait pas mais j’ai gardé l’idée du pouvoir. J’ai transposé cela dans un milieu d’argent”, raconte Pascal Bonitzer sur LCI.

Cependant malgré les efforts des comédiens qui incarnent au mieux la charte des personnages, le scénario décousu n'obtient pas l'ampleur de l'histoire qui durant le déroulé du film évoque des pistes pas toujours en relation avec la psychologie de l'intrigue, un brin compliquée !

Note : 4, 5

Eric Fontaine

Eva ne dort pas
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1952, Eva Perón vient de mourir à 33 ans. Elle est la figure politique la plus aimée et la plus haïe d’Argentine. On charge un spécialiste de l'embaumer. Des années d'effort, une parfaite réussite. Mais les coups d'état se succèdent et certains dictateurs veulent détruire jusqu'au souvenir d'Evita dans la mémoire populaire. Son corps devient l’enjeu des forces qui s’affrontent pendant 25 ans. Durant ce quart de siècle, Evita aura eu plus de pouvoir que n’importe quelle personnalité de son vivant. Scindé en trois chapitres découpés chacun en une série de longs plans séquences fixes et en huis-clos, Eva ne dort pas met en scène différents protagonistes se succédant sur plusieurs décennies au chevet du corps sans vie d’Evita : son embaumeur (Dr Pedro Ara), son transporteur (le lieutenant-colonel Koenig) et un dictateur (Massera).

Si tous les personnages croisés au fil du récit ont pour la plupart existé, l’intention du cinéaste Pablo Agüero n’est pas de respecter à la lettre l’affaire de l’héritage d’Eva Perón. Et pour cause : ce douaire et la façon dont chaque parti, groupe politique et autres dictatures, l’ont par la suite instrumentalisé ou interdit est sujet à caution encore en Argentine. Son cadavre est à l'heure actuel placé dans un mausolée avec 6 mètres de ciment en guise d'accès à la chambre funéraire, pour vous dire l'importance de garder le lieu inviolable ! En cinéaste intelligent, Agüero construit son film à partir de rien. Des images d'archives, de la musique rock et des séquences impeccables, tournées largement en plans-séquences fixes. Le manque de moyens force une fois de plus à l'inventivité et toute la construction du récit est audacieuse, avec une mise en scène et une photographie extrêmement travaillées.

Eva ne dort pas a cependant ses limites. Les séquences forcent l'admiration mais laissent indifférents. Après un début très réussi, le film devient peu à peu hermétique. Le propos du cinéaste passe à travers des personnages intéressants mais qui peinent à vraiment passionner. Ne s'encombrant guère de psychologie, Eva ne dort pas tombe parfois dans la démonstration efficace mais un peu vaine et malgré une durée d'1h27, on sent quelques longueurs. Belle performance de Denis Lavant...

Note : 4/10 Eric Fontaine

Des nouvelles de la planète Mars
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Dominik Moll après "Harry, un ami qui vous veut du bien" retrouve le chemin des salles obscures, avec "des nouvelles de la planète Mars". Retour sur terre pour Philippe Mars (François Damiens) qui devra faire face à un dilemme : Aider un collègue de travail Jerôme (Vincent Macaigne) atteint d'un syndrome paroxystique !

Le film porte le débat sur la perte de la raison et instaure un paroxysme où la folie devient évidente dans une société elle-même atteinte par ce mal identitaire ! Outre la belle interprétation de Tom Rivoire ce jeune comédien jouant le rôle de Grégoire, un adolescent en mal de conscience. Le film film évolue avec lenteur et ce n'est pas François Damiens ou Vincent Macaigne qui relèveront l'idée que le surnaturel forme la mise en forme d'une histoire embarrassante par l'évocation de la psychiatrie (le coup du hachoir...) et du rêve cosmique. Le tout complique un scénario qui n'amorce pas suffisamment l'esprit du film, dans les méandres de dialogues un peu naïfs !

Note : 5,5/10

Eric Fontaine

Les Tuche 2
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Une famille modeste qui gagne au loto 100 millions d'euros, c'est pour Olivier Baroux le réalisateur un moyen de donner une note "punk" à la saga constituée par : Jean Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau et Sarah Stern...

Alors dans ce film, on aura un tour complet des régles d'or du cinéma joyeux, où la comédie familiale rejoint l'ère subliminal des messages dispatchés. On distille le politiquement correct au comble des rires, quand un public rieur s'amuse des farces des comédiens ! A la rencontre du tandem Rouve/Baroux à Nîmes, on a pas pu poser des questions à la venue de l'équipe lors de l'avant-première. On a donc chercher 2 raisons pour aller voir le film :

.........................1) Se détendre et assumer rire des blagues sans lendemain du réalisateur qui a fait ses classes sur Europe 1 et Canal +

.........................2) Voir Jean-Paul Rouve dans son habit de "clown"

Bon le film est une immense parodie de la vie Américaine, qui puise sa critique dans la société bourgeoise affairiste, mais c'est aussi un louange à la facilité des dialogues simples et percutants. A voir pour les teenagers qui pourront reprendre les scènes cultes du film à la manière de Brice de Nice....

Note : 5/10

Eric Fontaine

Demain
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Mélanie Laurent propose dans son documentaire tourné dans 9 pays, de réfléchir sur des initiatives citoyennes en matière d'organisation social, économique et financière. Il est question d'agriculture participative mais aussi d'éducation.

Nous avons rencontré la réalisatrice à Montpellier (CINEMED) qui a affirmé son appartenance citoyenne pour une meilleure marche du monde..."Les hommes politiques prennent enfin conscience de l'état de santé de notre planète, Paris a été le déclencheur de ces nouveaux mouvements actuels que l'on peut voir dans le monde !" répondait l'actrice lors d'un entretien téléphonique après la COP 21.

Cyril Dion a choisi un angle positif son atout : Avoir su convaincre que tout est possible avec la volonté, à voir et à méditer !

Eric Fontaine

Note : 8/10

ARGENTINA
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Carlos Saura est un réalisateur Espagnol que l'on ne présente plus, tellement ses films sont en général connus dans le monde entier. Ici avec ce long-métrage, il nous propose un voyage musical et sensoriel où se mèlent les danses originales contemporaines ainsi que la musique traditionnelle. Le Tango a également sa place dans l'univers de Carlos Saura, qui a réussi à concilier l'art de la danse classique ainsi que l'univers des Gauchos à celui de la Capitale Buenos Aires.

Remarquable par sa beauté visuelle, le film se regarde avec bonheur !

Note : 7/10

Eric Fontaine

Le Fils de Saul
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Octobre 1944, l'été à Auschwitz-Birkernau...Saul Ausländer est recruté par la Sonderkommando, il est juif Hongrois, son rôle est d'assister les nazis dans leur plan d'extermination. Dans l'un des crématoriums il exécute les ordres, jusqu'au moment où un jeune garçon sort indemne d'une chambre à gaz, un officier SS rectifiera le sort du jeune homme en l'étouffant de ses mains, Saul aura alors l'obsession d'enterrer le corps du jeune en prétextant avoir reconnu son fils, auprès d'un docteur Hongrois qui lui aussi de force travaille avec les Allemands...

             Laszlo Nemes signe un film magistral et filme Géza Röhrig qui à l'origine est un écrivain, avant d'être comédien !

Si ce long-métrage porte le dialogue sur la Shoah et le droit de pouvoir ou non tout filmer, le réalisateur a utilisé les plans séquences et le gros plan sur le personnage central de l'histoire pour mettre en flou les Allemands (sauf sur quelques scènes) et il prend la direction artistique de ne pas montrer l'insupportable même si le son est aussi utilisé comme axe moteur de ces faits historiques, jusqu'aux complaintes d'un chant de deuil juif qui à un moment précis du film vogue dans la salle de cinéma à la man!ère d'un spectre vocal.

             Saul veut une sépulture pour son fils, le film évoque l'idée de l'éternité d'Antigone (il faut enterrer les morts), les images subjectives des cadavres qui ne sont jamais précisés, embaument l'histoire de hors-champs. L'intelligence du réalisateur fait le lien entre Claude Lanzmann et "La liste de Schindler" de Spielberg. Si l'auteur de "Shoah" C Lanzmann avouera que le scénario de Laszlo s'accomplit parfaitement de son devoir de mémoire, le film prend une tournure particulièrement poignante dans une Europe où le Nationalisme pose encore ses valises nauséabondes !

Note : 9/10

Eric Fontaine

AMY
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Asif KAPADIA est un réalisateur et un scénariste hors-paire à 43 ans. Il a obtenu en 2012 un BAFTA AWARDS pour le documentaire SENNA (meilleur film documentaire). Quoi de plus normal alors de se lancer dans l'aventure Amy WINEHOUSE, avec les propres mots de la chanteuse et des images inédites, Asif KAPADIA nous raconte l'histoire de cette fille qui ne voulait pas être victime de son propre talent.

La narration du film passe à partir des chansons. Le réalisateur a du faire un travail de fond pour convaincre les protagonistes du documentaire, un boulot de défrichage sur 1 an et 8 mois. C'est le Festival de Cannes qui a permis la production et la diffusion de ce documentaire, il est complet, talentueux et sincère : A voir absolument !

Eric Fontaine

8/10

GUNMAN
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Quand Sean PENN joue des muscles c'est, dans le dernier film de Pierre MOREL. Le réalisateur a travaillé dans la tradition cinématographique à l'image de Luc BESSON puisqu'il a été Chef-Opérateur dans le Staff du grand "Luc" !

L'histoire parle de Jim Terrier un mercenaire à la solde d'un état occidental qui a pour mission à Kinshasa de tuer un ministre Congolais. Le scénario est écrit dans l'action où le rythme du film conditionne le découpage du thriller. On peut penser que Jean-Patrick Manchette qui a écrit le sujet surfe sur la vague de ces films d'action où le héros se positionne comme le sauveur d'une cause humanitaire, mais là la voie de la compréhension s'arrête sur un imbroglio qui porte Barcelone en décor principal, un peu comme si David LYNCH rejoignait Woody ALLEN sur le choix de la ville, un brin glamour avec une histoire d'amour peu marquée et des méchants résolument peu gentils, bien que le sang coule de manière rapide pour ne pas blesser le cinéphile.

Javier BARDEM et Jasmine TRINCA ne réussissent pas à combler un manque de dialogue précis, mais qui veut donc la peau de Jim TERRIER (Sean PENN) un copain des Forces Spéciales US ? Le déroulé de ce long-métrage mécaniquement a raté son envol !

Note : 4,5/10

Eric FONTAINE

The Valley of love
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La vallée de la mort détient le record de chaleur à la surface du globe avec 56, 7 ° en 1913 à FURNACE CREEK...

C'est dans cette région du monde que Guillaume NICLOUX a choisi de tourner son film, l'histoire parle de Michael qui s'est suicidé, et qui a laissé une lettre différente à son père (Gérard DEPARDIEU) et à sa mère (Isabelle HUPPERT).

                  Au début, le scénario plante le décor : La chaleur, le désert, le poids de Gérard, l'agacement d'Isabelle, l'un est calme mais l'autre stressée !! Entre vérité et fiction, le réalisateur cherche l'équation. Le premier plan évoque Isabelle trainant sa valise avec nonchalance et plus loin Gérard obsédé par la température élevée du lieu. Entre singularité et réalité le film en trompe l'oeil gomme l'émotion, on visualise les comédiens et on oublie leur rôle. On plonge dans l'histoire et on en ressort sec même si l'eau de la piscine nous mouille quand Gérard a une compassion pour son ex-amour !

Que peut on dire de ces grands acteurs qui ont l'objectif de nous embarquer avec eux dans une intrigue qui oscille, un coup on voit la réalité un coup on est dans la fiction ou pas, ou oui selon qui regarde et qui est touché !

Note : 6/10

Eric FONTAINE

SELMA
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SELMA se situe en ALBAMA, c'est aussi le lieu qui a marqué l'histoire des Etats-Unis avec le pasteur Martin LUTHER-KING qui a laissé son empreinte où en 1965 seulement 130 noirs avaient le droit de voter. Le film de Ava DUVERNAY dévoile un casting prestigieux David OYELOWO, Carmen EJOGO et l'incroyable Tim ROTH dans le rôle du gouverneur George WALLACE (Réservoir Dogs, Pulp Fiction etc...) Le scénario est ambitieux, et il met en avant la marche sur l'EDMUND PETTUS BRIDGE devenu célèbre depuis la revendication des noirs.

Que dire de ce film, où les acteurs accomplissent leur devoir de mémoire...Seul regret, le charisme de l'histoire gomme le jeu des premiers rôles qui sont coincés dans la pédagogie du film et le manque d'émotion qui freine l'ardeur des revendications. Un film qui reste somme toute très classique sur sa forme !

Eric Fontaine

6/10

"Je fais des films pour réaliser mes rêves d'adolescent, pour me faire du bien et, si possible, faire du bien aux autres."

François Truffaut



"Et encore, ne nous plaignons pas: à côté des autres, la critique européenne est un aréopage de génies"

Jean-Luc Godard



"Ce n'est pas la réalité qui compte dans un film, mais ce que l'imagination peut en faire."

Charlie Chaplin



"C'est dur de faire un film, mais travailler pour de bon, c'est pire !"

Woody Allen



"L'art du cinéma consiste à s'approcher de la vérité des hommes, et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes."

Jean Renoir



"Un bon film c'est celui qui vaut le prix du ticket, du restaurant et de la baby-sitter."

Orson Welles



"La raison qui m'a poussé à faire du cinéma: je voulais tout bonnement sauver le Monde !"

Claude Chabrol



"Un film, c'est une psychothérapie très chère que les studios ne comprennent pas toujours."

Tim Burton



"Un film n’est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays..."

Bertrand Tavernier



"Le vrai pouvoir du cinéma réside dans la capacité à créer un monde, une atmosphère ou une sensation des lesquels le spectateur se retrouve immergé."

David Lynch

Marvin ou la belle éducation
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Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s'est quand même trouvé des alliés. D'abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l'encouragera à raconter sur scène toute son histoire. Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

Anne Fontaine (même nom que moi), rencontrée à Montpellier lors du Cinémed m'a d'abord salué et indiquait que ce n'était pas son nom, mais son prénom "Fontaine", ce qu'elle a redit sur France Inter la veille de la sortie du film ! Autre anecdote, c'est ma rencontre sur le plateau de tournage du film "Le Poulain", avec Finnegan Oldfield grand héros du film "Marvin et la belle éducation" ! Performance d'acteur et accord parfait sur l'histoire de Anne qui signe son meilleur film, meilleur sujet...

Au niveau psychologie des personnages, le contexte du rejet et de l'homophobie forment l'essentiel de la dramaturgie d'un scénario bien découpé, qui place les premières billes du film avec Grégory Gadebois dans le rôle d'un père de famille "borderline". Egalement on verra aussi les premiers pas de Jules Porier qui à mon sens n'a pas fini de nous étonner, dans une carrière future évidente !

A voir absolument !

Note : 9/10

En attendant les hirondelles
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SYNOPSIS :Au premier temps des images de nuit, on trouve donc la peur, celle de cet homme âgé se retrouvant en pleine nuit isolé, un pneu crevé et témoin malgré lui d'une rixe entre plusieurs hommes, où la mort s'invitera de manière sournoise. Le personnage central ne fît rien, pire il ne porta pas secours face à la lente agonie de l'individu battu. Mourad et Lila, couple d’Algérois d’âge mur séparés mais complices, s’inquiètent, lors d’un dîner, de l’avenir de leur fils et aussi bien de la stagnation du pays. Le long de la rue en friche qui le ramène chez lui, Mourad lui est revenu chez sa femme et lui fait part de son témoignage .

Quelque chose se détraque alors inexorablement dans sa vie, tandis que le film l’abandonne à sa culpabilité et à son désarroi, pour suivre son assistant, Djalil, qui lui demande trois jours de congé. Karim Moussaoui le jeune réalisateur Algérien, détourne l'histoire sur ce couple informel Djalil et cette passagère songeuse, incarnée par la formidable Nadia Kaci...Tout ce désordre filmé, intervient dans ces tranches de vie dépourvues face au destin, aux contraintes de la vie tout simplement. L'ultime est alors finalisé avec ce chirurgien notable connu, lui-même témoin du viol de cette femme, viol qu'il n'a pas dénoncé et qui resurgit 15 ans après !

 Quelque chose bouge donc dans le cinéma algérien ? C’est Tariq Teguia (Rome plutôt que vous, 2006 ; Inland, 2008 ; Revolution Zendj, 2013), sans doute le plus grand cinéaste qu’ait jamais compté l’Algérie, qui a d’abord libéré les consciences, les gestes, l’horizon. Bien que Karim Moussaoui se partage entre Paris et Alger, son cinéma ne provoque pas, il interroge sans pour autant dénoncer. "Je ne suis pas dans un registre politique au sens strict du terme" évoque t'il à notre micro, durant l'avant-première de "Cinémed".

La frénésie de cet orchestre, le désert au sud d'Alger et ce groupe de jeunes, mélange d'hommes et femmes, dansant au gré du vent loin des regards, en dit long sur l'état du pays : Se cacher pour exister ? Le réalisateur invente un genre cinématographique, grâce au talent de sa scénariste Leyla Bouzid. Un film à ne pas louper.

Note :9/10 EF

Epouse-moi mon pote
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L'argument : Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

Notre avis : Parmi les derniers héritiers de ce qu’on appelait autrefois « l’esprit Canal » (ça parait loin...) encore visibles au cinéma, il semble ne rester qu’Alain Chabat, Omar Sy et la bande à Fifi. Tandis qu’on attend à la fin décembre la nouvelle comédie du premier et que le second rencontre son premier flop avec Knock, les troisièmes (qui sont davantage les héritiers de Michael Youn que des Nuls) en sont déjà à leur deuxième film depuis le début de 2017. Après tout, leur Alibi.com a connu l’un des meilleurs scores de l’année avec pas moins de 3,5 millions de spectateurs. Alors, tant que les fans répondent à l’appel du box-office, pourquoi se priver ? Et surtout, tant que leur humour régressif fait rire, pourquoi s’autocensurer ? En laissant l’écriture et la réalisation à son acolyte Tarek Boudali, le leader de la troupe, Philippe Lacheau, lui a permis de s’attaquer à une thématique dans l’air du temps mais non moins épineuse : le mariage pour tous.

Certes, un point de vue global chez les journalistes "ciné", hormis quelques irréductibles qui pensent que le réalisateur a fait fausse route, avec un sujet classé comme "homophobe" voir "raciste" chez certains. Les chiffres sont pourtant là : 1 700 000 entrées en seulement deux semaines, ce qui met ce film dans la catégorie "Succes-full" pour ses auteurs, qui d'ailleurs savourent leurs succès d'estime dans la capitale, auprès de leurs amis du showbizz !

Un film qui reste résolument moderne, dans l'esprit du web, du "stand-up" où l'on rit souvent des blagues potaches qui font du bien. Il y avait "Les Tuches" et aujourd'hui, c'est chose faîte : Le duo Tarek & Philippe fonctionne bien !

Note : 8/10

EF

Tout nous sépare
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Thierry Klifa, qui a déjà tourné deux films avec Catherine Deneuve, la filme avec une certaine élégance, elle est belle et lumineuse, ses dialogues sont convenus. Il lui sait gré d’être “toujours du côté du film, avec une vision généreuse et très globale, pas uniquement c’est d’ailleurs elle qui a suggéré que le personnage de Julia  (Diane Kruger) ait plus de consistance qu’à l’origine. Julia, si belle malgré son infirmité, souffre à cause d'une dépendance aux médicaments. Certes,  on aurait bien voulu en savoir plus sur les origines de son accident mais le réalisateur n’a finalement rien voulu expliquer car “TOUT NOUS SÉPARE se conjugue au présent, et même si on se doute qu’il y a une culpabilité de la mère, il ne fallait pas que ce soit la raison qui atomise le film.

Revenons sur cette violence des scènes qui peuvent choquer les plus jeunes cinéphiles, lors du combat avec les chiens en autre, mais aussi sur le rapport houleux du personnage incarné par Nicolas Duvauchelle, décrié comme "drogué et tyrannique". L'acteur se défend en disant que "Jouer un passionné, amoureux mais pas franchement méchant...C'est les caractéristiques de ce caïd, je n'ai pas cherché à faire peur avec la composition du personnage, je joue un dealer !".

L'intrigue révèlera NEKFEU à l'écran qui sert le film, par son charisme mais par le fait qu'il fait "le pont" entre Deneuve, Kruger et Duvauchelle...Un premier rôle en argent pour la star du rap qui a réussi à nous épater dans ce rôle de transmetteur de produits illicites. Au final la cruauté du scénario, mélangé à une faiblesse des dialogues, n'a pas convaincu nos équipes présentes à CINÉMED.

Encore une fois, il faut relever la justesse des scènes qui montrent cette peur de ne pas pouvoir rembourser une dette (l'histoire principale), qui bouffe le ventre et fait perdre les pédales. Ben, c’est Nekfeu, rappeur bien connu des jeunes, plutôt convaincant dans son premier rôle au cinéma, comme écrit plus haut. Le réalisateur “trouvait insolite de confronter l’icône éternelle du cinéma français à l’icône de la jeunesse", pari gagné ? Peu probable !

EF

Note : 5/10

 

Le sens de la fête
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SYNOPSIS : Max, un wedding planner au bout du rouleau, doit assurer un repas de noces dans un splendide château avec des convives de la grande bourgeoisie, un marié prétentieux et ridicule, très à cheval sur le programme précis des réjouissances que ses parents ont financé, etc. Evidemment, pour faire rire, rien ne doit se passer comme prévu et ceux qui doivent veiller à la bonne marche de l’organisation sont précisément ceux qui travaillent - par leur maladresse, bêtise, incompétence, désinvolture, distraction (liste non exhaustive) . Max, le petit patron qui est sur le point de revendre en douce son entreprise, porte sur ses épaules de brave râleur le poids des responsabilités et de la fatigue du type qui, bon an mal an, fait le maximum pour contenir dans des limites acceptables l’ampleur des catastrophes que ses employés assez globalement inefficaces déclenchent sans même s’en rendre compte.

Les serveurs font montre par ailleurs d’une certaine mauvaise grâce quand il leur est demandé de porter un habit de laquais en perruque. L’un d’eux, désigné par le groupe pour signifier au patron leur refus de porter le postiche, bégaie une non-revendication et quand, finalement, un autre s’en charge, Max signifie aux récalcitrants que chacun est libre d’enlever sa perruque à la condition de quitter son job sur le champ. Au cours de la soirée, la panique s’empare de Max qui, voyant surgir un invité non identifié, se convainc qu’il s’agit d’un inspecteur de l’Urssaf - une partie de ses employés sont embauchés au noir. A deux reprises, le wedding planner s’épanchera sur sa condition de petit patron accablé par une paperasserie administrative qui l’étouffe et confronté à une main-d’œuvre ingrate qui ne mesure pas tout ce qu’il fait pour elle.

Un sans faute surement dans l'organigramme du film, tous sont à leur place. Seul bémol, le côté grincheux et stressé de Bacri, omniprésent sur les 35 minutes du début de film, façonne un scénario qui fait la part belle à un acteur qui joue son propre "savoir faire". Hormis cette longueur, le film vogue sur une histoire mettant en scène un panel de figurants et d'acteurs qui peuvent par moment obstruer l'essentiel. Les deux réalisateurs font passer des messages : La difficulté des photographes de mariage (en voie de disparition), le rôle des organisateurs confrontés aux charges salariales, etc...

Note : 7/10

EF

120 battements par minute aux USA
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Candidat français à l'Oscar 2018 du Meilleur Film Etranger, "120 battements par minute" sortira le 20 octobre dans quelques salles américaines. A cette occasion, le Grand Prix du dernier Festival de Cannes s'offre une jolie bande-annonce.

Ne l'appelez plus 120 battements par minute, mais tout simplement BPM (Beats Per Minute). C'est en effet sous ce titre que le long métrage de Robin Campillo, lauréat d'un Grand Prix cannois en mai dernier, sortira dans quelques salles américaines le 20 octobre, après un passage par les festivals de Mill Valley, New York ou Chicago.

Et à cette occasion, le candidat français pour l'Oscar 2018 du Meilleur Film Etranger, s'offre une bande-annonce sous-titrée en anglais. Si l'histoire d'amour entre Nathan (Arnaud Valois) et Sean (Nahuel Perez Biscayart) transparaît dans ces images, ce sont davantage Act Up et l'énérgie de groupe qui sont au coeur de cette bande-annonce dans laquelle on retrouve également le tube "Smalltown Boy". Mais la version originale, signée Bronski Beat, et non le remix d'Arnaud Rebotini que l'on peut entendre dans la BO que le public américain découvrira, en salles.

Plus d'un mois après sa sortie nationale, le film flirte avec les 745 000 entrées, Robin Campillo prône néanmoins que son film, met en lumière les 150 000 Français atteint du sida depuis 1978 soit l'équivalent de la ville de Nîmes. Toujours sur cette maladie : 1500 morts en France chaque année (35 000 décès depuis la fin des années 70). Aujourd'hui on déplore 7000 nouveaux cas de contamination pour la France, 30 millions de malades seront soignés dans le monde en 2020, sachant que sur la planète 1 million de morts comptabilisés en 2016, laisse à dire que l'on est loin du vaccin !

Le film, par son message scénaristique évoque tout ce panel de chiffres que l'association ACT-UP PARIS clame aux médias, aux politiques, à nous...Tellement le combat contre cette maladie est immense, le film reste l'unique grand témoignage de ces actions qui se poursuivent, à voir et à partager !

Eric Fontaine

Note : 8/10

ÇA
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Le colossal succès de Ça aux Etats-Unis (178 millions de dollars de recettes en dix jours d’exploitation), sans précédent pour un film d’horreur classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), force l’attention, mais pas tout à fait l’admiration.

"Ça" devient le film d'horreur, le plus rentable de l'histoire du cinéma.L'adaptation de Stephen King signée Andrès Muschietti "Andy" aux USA fait aussi un déluge d'entrées en France, 190 585 entrées pour le "one day" et la barre des 900 000 tickets vendus au bout de la première semaine !

Le secret du film : La courophobie qui est la peur du clown méchant est l'un des éléments, le casting composé d'adolescents réussit le tour de passe du film interdit au moins de 17 ans. L'histoire du romancier Américain s'est inspirée de la vraie tragédie du clown tueur dans les années 70. En effet 33 adolescents ont été torturé et violé par "Pogo" plus connu sous le nom de John Wayne Gacy, un vrai drame national américain qui hante encore les esprits aujourd'hui.

A regarder le film, on s'étonne néanmoins que le réalisateur a formulé l'histoire dans une ambiance "Amérique profonde", une petite ville perdue en campagne et des effets spéciaux récurrents, comme la coulée de sangs ou des cris retentissants, rien de trop imprévisible si on s'adonne aux thrillers traditionnels du 7ème art. La différence du succès est dans sa mise en forme des personnages qui réussissent malgré leurs jeunes âges à rester stoïque face au danger. A voir malgré quelques lenteurs...

Note : 7/10

EF

Barbara
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Jeanne Balibar est à la fois la Dame en noir et Brigitte, une diva exilée qui revient à Paris le temps de jouer le personnage. Le visage reconstruit par des prothèses, elle devient le quasi-sosie de Barbara. Ce qui n’empêche pas Jeanne Balibar d’être Brigitte en portant le masque et de devenir Barbara sans maquillage. Mathieu Amalric se filme lui-même en réalisateur confit en dévotion face à son sujet, pendant que l’équipe technique du film tient ses propres rôles. On ne sait plus trop de quel côté de la caméra on est censé être et le spectateur se retrouve dans la position du visiteur sur un plateau .

Au fond Mathieu Amalric filme son héroïne Jeanne (ex épouse dans la vraie vie). Il forme une dichotomie entre la raison et la passion, celle d'aimer "Jeanne" réincarnée en Barbara. Dans son scénario il cherche à retrouver le chemin de son enfance, il s'engouffre dans la voie du passé où son père mettait une cassette qui diffusait "l'Aigle noir" (Barbara). En retrouvant la voix de celle qui a bercé son enfance, il nous délivre une extension cinématographique entre l'incrustation d'images d'époque sur la chanteuse, et ses propres plans "caméra" dans les images d'illustration sur Barbara.

Mathieu a été accessoiriste, costumier, cantinier ou encore régisseur sur des vrais plateaux de cinéma, "Barbara" est le mixage de tout cela, même s'il nous avance comme voyeur à travers les décors de son long métrage admirablement interprété par Jeanne Balibar alias Brigitte, alias Barbara. Avec le prix Jean Vigo 2017 décrochera t'il le César ?

Attention, ce jeu, amusant en lui-même, n’est pas gratuit. Il est aussi le moyen de mettre en scène la construction de la figure de Barbara par Monique Serf, la petite fille juive cachée pendant la guerre qui a échappé de peu au néant auquel la promettaient les nazis. L’habile scénario de Philippe Di Folco et de Mathieu Amalric enchâsse de longs moments narratifs dans le jeu des illusions, comme ce concert à Châteauroux, reconstitution aussi sobre qu’exacte.

Note : 7,5/10

Eric Fontaine

Wind River
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Synopsis : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, Cory va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…Entre l'enquête policière et la vengeance due au malheur de son passé, l'homme du terrain agile chasseur en collaborant avec la police, il va assouvir sa soif d'une violence justicière !

 Envoyée par le FBI pour qualifier ce décès très suspect, Jane Banner (Elizabeth Olsen) est une policière coriace mais un peu dépassée par l’environnement extrêmement hostile : la neige et le froid à n’en plus finir, le manque de moyens de la police tribale qui devait l’épauler, le fond d’hostilité des Indiens de la police locale, qui ont du ressentiment envers les blancs (« Why is it that whenever you people try to help us, you always insult us first, huh? » dira par exemple à juste titre Martin (excelle Gil Birmingham), le père de la victime, à Jane qui s’adressait à lui d’une manière peut-être maladroite). Elle s’adjoint donc les services de Cory, un homme qui connaît la montagne comme sa poche et qui a un pied dans chaque communauté, puisque son ex femme est de la réserve et que son fils est un métis Arapahoe.

Le film e déroulant dans la réserve de Wind River, Wyoming (délocalisée en Utah pour des raisons de budget), que le réalisateur connaît très bien pour l’avoir fréquentée très régulièrement de sa vingtaine à sa trentaine, le film met en scène la mort de Natalie (Kelsey Asbille), une jeune indienne qui est retrouvée un matin gisant dans la neige maculée du sang qui a semblé sortir par grands jets de sa bouche. Celui qui l’a découverte, c’est Cory Lambert (impressionnant Jeremy Renner), un gars taciturne des Eaux et Forêts, pisteur chasseur de grands prédateurs. Le film est un thriller plongeant dans l'art taciturne du cinéma noir, les corps gelés et l'atmosphère glacial montrent un scénario bien ficelé et surtout poignant dans sa résolution macabre.

8/10

EF

La planète des singes "suprématie"
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Un peu d'histoire su cette saga cinématographique : Depuis ses débuts à l’écran, l’une des grandes forces de la série inspirée du roman de Pierre Boulle (La Planète des singes, 1963) est de susciter des figurations politiques au cœur même des ­enjeux les plus spectaculaires du cinéma hollywoodien.

En 1968, dans le film inaugural de Franklin J. Schaffner, un pilote (Charlton Heston) était projeté dans un futur où les rapports de pouvoir entre primates et humains s’étaient renversés. Depuis, l’idée de relativiser la place de l’homme dans le règne animal, à la source de la série, implique à chaque fois un véritable défi visuel (animer les singes, leur conférer une intelligence et un langage) et permet d’entrecroiser plusieurs thèmes toujours d’actualité, comme le racisme, la lutte des classes, les dérives de certaines croyances religieuses et le spectre d’une ­catastrophe écologique à venir !

Malgré son anthropomorphisme, le troisième volet de la saga impressionne par son caractère technique et d'effets numériques époustouflants. Le film se regarde comme un conte moderne où les méchants (les militaires) responsables de la dégradation du monde animal, tempèrent leur pouvoir maléfique dans une nuée technologique guerrière, qui ne laisse aucune chance aux grands singes, les victimes d'un combat inégal et illégal ! Woody Harrelson campe le personnage du colonel en proie avec ses démons : L'extermination de la race des grands singes.

Ultra caricaturé dans le rôle d'un dictateur militaire, il est à la tête d'une junte solidement armée, c'est là le coeur de l'histoire et le dilemme que les animaux plus futés devront mettre en place dans une stratégie mesurée. Le film est un défi permanent entre le 3D, les maquettes et le gigantesque décor de la prison réalisé durant Cinq mois au Canada, il aura fallu aux ingénieurs plusieurs semaines de montage des singes robots, pour ensuite au montage réaliser l'incrustation des expressions autour des yeux, technologiquement c'est très abouti !

Note : 8/10

EF

DUNKERQUE
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Le film part d'une réalité historique, précision : l’originalité de la bataille de Dunkerque filmée par Nolan, aujourd’­hui oubliée,c'est d’être une débâcle qui porte en germe la ­future victoire. Commencée le 10 mai 1940, la bataille de France tourne rapidement à la déconfiture pour les Alliés. Encerclés après la percée Allemande de Sedan, 400 000 soldats sont pris au piège dans la poche de Dun­kerque. Du 26 mai au 4 juin, 300 000 d’entre eux parviendront, sous un déluge de bombes et de feu, à monter in extremis à bord d’une myriade d’embarcations militaires, mais plus encore dans celles réquisitionnées aux ­civils venus du continent allié, pour regagner l’Angleterre et y poursuivre la guerre contre le IIIe Reich. C’est littéralement au cœur de cette opération, nommée « Dynamo », que nous entraîne le film du réalisateur Christopher Nolan.

Bien entendu, c'est une armada de techniciens ( plus de 400, 1000 figurants, des navires de guerre et des maquettes gigantesques) pour ce film qui a dépassé les 200 millions de dollars, le plaçant dans le registre les plus chers du cinéma US & Européen !

Il faut néanmoins voir deux autres aspects du film qui méritent d'être soulignés et valorisés. Tout d'abord, il y a la musique d'Hans Zimmer. S'il est difficile de contester le talent du grand arrangeur et compositeur de cinéma, on a pu lui reprocher ces dernières années une bande son trop généraliste. Dans "Dunkerque", on ne peut pas vraiment dire qu'il change de braquet bien au contraire, ses créations épousent parfaitement les images du film, accompagnent et accentuent la tension souhaitée autour des protagonistes de cette histoire historique, les spectateurs sont en transes. Les notes s'éternisent et déstabilisent, elles renforcent la malaise ressenti. Enfin, il y a le jeu des comédiens. Et la prestation de Tom Hardy, malgré son visage masquée tient quasiment tout le film, le tout est encore une fois irréprochable et édifiant , elle accompagne le casting de nouvelles figures du cinéma comme Fionn Witehead au visage parfait et Tom Glynn Carney ou encore Harry Styles et Aneurin Barnard...Un film au top, fort et intense à voir absolument.

Note : 9/10

EF

Valérian (Luc Besson)
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SYNOPSIS : Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission vers l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers et ainsi déjouer une stratégie humaine peu glorieuse du respect des peuples.

C'est l'histoire du film le plus cher du cinéma français. C’est une odyssée que Luc Besson a pu raconter dès la sortie du Cinquième Elément, en 1997, avant que ce dernier ne soit détrôné par Astérix aux Jeux olympiques. Avec Valérian et la Cité des mille planètes, le cinéaste reprend le dessus ; l’investissement est considérable (197 millions d’euros), tout comme les recettes espérées (300 à 500 millions) et malgré l'échec de la sortie US, avant le lancement en chine (30% de l'investissement du film vient de ce pays).

Derrière chaque œuvre de Luc Besson, il y a un récit, et un objectif : sauver le monde. L'univers du 7ème, celui du cinéma français, étant incapable de se sauver lui-même. Valérian n’échappe pas à la règle. La France et Luc Besson font le pari de produire un blockbuster du calibre d’Avatar ?  Pour entendre la version officielle des origines du film, il faut éviter d’en dire du mal. Le réalisateur choisit ses interlocuteurs côté Canada et de la Silicone Valley, le business est là forgé dans un film de science fiction un peu fourre tout !

Valérian et la cité des 1000 planètes est un film de Luc Besson, librement adapté de la BD de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, les créateurs de ces deux agents spacio-temporels, Valérian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) missionnés par le pouvoir pour effectuer en 2740 des missions à bord de leur vaisseau. L'aventure va les mener sur la station orbitale Alpha, peuplée de 17 millions d'individus représentant toutes les civilisations présentes dans l'univers et ils vont devoir identifier la menace qui met en péril non seulement Alpha, mais aussi tout l'Univers. Résumer cela de cette forme que l'on peut lire dans la presse est l'équivalent d'un brossage insipide du film...Que vaut il vraiment ?

Question 3D, c'est complexe et la profusion des effets spéciaux tue la synergie de la trame scénaristique. Côté dialogue, on a une histoire avec une constance ancrée sur les deux personnages principaux, les 2ème équipes de comédiens dont Alain Chabat, passent à l'ouest de la dramaturge...Les décorations essentiellement dessinées au Canada, posent la complexité des changements de scènes, tantôt en version galaxique, tantôt en version vaisseau classique dans la forme. Besson demande aux cinéphiles de venir soutenir son cinéma en Fance "Venez si vous voulez que l'on produise des long-métrages aux budgets monstrueux ! Message reçu, même si le film ne fait pas l'unanimité !

EF

Note : 7/10

On the milky road
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Emir KUSTURICA sous les feux croisés entre la Bosnie et l'Herzégovine, son choix de parler de Kosta incarné par lui-même en porteur de lait (titre du film), tombant amoureux de Nevesta (Monica Belluci) forme le sujet d'un film décalé et politiquement abouti voir "engagé".

L'hymme du Balkanisme incarné dans un petit village serbe sous la vigilance de l'OTAN, pose la question d'un cinéma Folk-carnavalesque, une manière pour le grand réalisateur (2 Palmes d'or) de jouer un nouvelle fois le trouble fête d'un cinéma d'aventure grand format à la sauce serbe !

Doit on incriminer Kusturica sur cette histoire ? Au prétexte que ce long-métrage n'a pas réussi ses entrées en salles (- de 100 000 entrées en deux semaines)...Il faut reconsidérer la guerre dans l'oeil d'Emir Kusturica, le réalisateur est resté marqué par son pays l'ex-Yougoslavie et le chaos qui régna durant de nombreuses années, il a fui aux USA et à appris le cinéma durant cette période. La fantasque Milena (Sloboda Micalovic) et l'estimation d'un gros budget tournant aux alentours de 25 millions d'euros, n'a pas suffi à réunir un tout pour prétendre dire : C'est un bon Kusturica ! A voir si on n'a le temps.

Note : 5/10

Eric Fontaine

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Le générique de «HHhH» est très alléchant. Il y al'acteur américain Jason Clarke ( «Zero Dark Thirty» de Kathryn Bigelow), la comédienne britannique Rosamun Pike ( «Gone Girl» de David Fincher), son compatriote Jack O'Donnell ( «Les poings dans les murs», «71» et «Unbroken» d'Angelina Jolie), Jack Reynor ( «Glassland») et Mia Wasikowska ( «Alice au pays des merveiles»).

Cédric Jimenez a bénéficié d'une belle enveloppe cinématographique, dont le budget sera de 27 800 000 millions d'euros fait de ce long métrage, une dès réalisations les plus chères, le tournage du mois d'août 2015 à Prague et à Budapest a nécessité l'organisation d'une armée de décorateurs, de collectionneurs de véhicules militaires venus de toute l'Europe et d'une armada de costumiers pour les quelques centaines de figurants embauchés pour l'occasion, et oui il y a peu d'effets spéciaux pour garder un air authentique !

 Avant il faut retrouver le fil de l'histoire du monde :« Himmlers Hirn heist Heydrich » (le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich),c’est par cet acronyme qu’on désignait Reinhard Heydrich, subordonné de Himmler, général SS, liquidateur des SA, créateur des Einsatzgruppen sur le front de l’est, tête pensante de l’extermination des Juifs et de la conférence de Wansee, en gros comme en détail l’un des plus monstrueux personnages du Reich.

Un sort juste lui est fait, le 27 mai 1942 à Prague, quand il fut abattu par deux résistants tchécoslovaques, parachutés à cet effet de Londres. Adapté plusieurs fois au cinéma, cet événement de la seconde guerre mondiale a notamment inspiré deux films géniaux réalisés aux Etats-Unis en 1943, Les Bourreaux meurent aussi, de Fritz Lang et Hitler’s madman, de Douglas Sirk.

"On n’en dira pas autant du film de Cédric Jimenez, son troisième long métrage après Aux yeux de tous (2012) et La French (2014). Adapté du roman éponyme de Laurent Binet paru en 2010, cette grosse coproduction franco-américaine, intégralement dialoguée en anglais, trahit un goût du spectaculaire qui, ici plus encore que dans ses deux précédents films, se révèle embarrassant, pour ne pas dire fatal." Par cette phrase lapidaire vue dans le web depuis la sortie du film le 7 juin 2017, forge particulièrement une opinion tranchée pas forcément proche d'une réalité autre ! Le film évolue dans un contexte historique et s'est basé sur des images d'archives que l'on peut apercevoir dans le long métrage, doublées par les vraies vues du film.

Alors oui Cédric Jimenez se place côté résistants et côté Allemands, loin de vouloir faire un film de propagande, comme je l'ai lu parfois...

Note : 8/10

Eric Fontaine

Ava
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Vous aimez le cinéma d'Arnaud Desplechin, les films de Tony Gatlif, la réalisatrice Léa Fehner...Ce long métrage est à votre portée, vous pourrez saisir toute l'importance de cette magnifique rencontre entre Ava, une adolescente de 13 ans et Juan un jeune gitan de 18 ans rebelle dans sa communauté ! Ava brûlera sa vie avant de perdre le regard, avant de devenir aveugle et adulte. Ce drame Léa Mysius la réalisatrice le construit dans une forme narrative épurée, peu de dialogues et surtout un jeu des comédiens qui se fait sur du physique. Le décor d'un bunker, rapporte un peu plus de la déchirure là où les moeurs s'engendrent.

Ava trompe d’abord son ennui avec un chien noir, qu’elle kidnappe à un jeune issu de la communauté des gens du voyage. Le chien est sa porte d’entrée dans le désir, l’objet transitionnel qui assurera de fait la rencontre Juan. Ava n’a que 13 ans mais l’urgence de sa libido, de sa maladie et de son envie d’émancipation est plus forte que tout. Comme dans Les Amants de la nuit, Ava et Juan, c’est nous deux contre le reste du monde. La réalisatrice instaure un climat : la jouissance, l’aventure, le jeu, le transformisme, la fugue… Ni les mères, ni la société, ni les flics, ni les familles gitanes ne peuvent résister à la fougue et au sentiment d’invincibilité de la jeunesse, à l’éveil de l’amour et de la sexualité.

Ce film pose la question du langage et des mots, du code de la société et de ses différences, de l'introvertie jeunesse à l'extase de la vie.

Inconnues jusqu’à cette année, Léa Mysius et Noée Abita font leur  entrée dans le monde du cinéma lors du dernier Festival de Cannes. Présente au côté d’Arnaud Desplechin, avec qui elle a coécrit Les Fantômes d’Ismaël, Léa cette jeune femme de 28 ans, diplômée de la Fémis en 2014, a fait sensation à la Semaine de la critique avec Ava, son premier long-métrage de réalisatrice. La beauté brûlante de Noée Abita, sa vibration fougueuse, qui tend le film comme une comète qui au final s'éteint un peu vite, mais on lui pardonne son premier jet artistique est dans la mouvance d'un cinéma d'auteur courageux et généreux !

Note : 9/10

Marie Francine
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Une comédie romantique avec des protagonistes âgés de 50 ans. A partir de ce petit défi scénaristique, Valérie Lemercier a imaginé les situations de Marie-Francine et Miguel, forcés l’un comme l’autre de retourner vivre chez leurs parents après s’être successivement fait plaquer par leurs conjoints et virer de leur boulot. Dans un appartement bourgeois Parisien, le film campe des personnages un peu "vieille France" tant du côté des parents, que de celui de la fille divorcée qui se retrouve chez Papa & Maman !

 Interprétée par la réalisatrice elle-même, Marie-Francine est une chercheuse en biologie issue d’une famille rigoriste parisienne qui rallume, en la voyant revenir au bercail, son moteur de machine à reproduction sociale. Aussi accueillants qu’insensibles au cataclysme qui la frappe, bien décidés à la voir lever le camp le plus vite possible, les parents (Hélène Vincent et Philippe Laudenbach) activent tous leurs réseaux pour lui trouver un nouveau Jules et la poussent à ouvrir une boutique d’e-cigarettes plutôt qu’à attendre un hypothétique rebond dans son secteur.

Son "amoureux" Chef cuisinier qui a vu sa femme le quitter pour une autre, Miguel (Patrick Timsit) a atterri, après avoir dû fermer son restaurant, dans un de ces bistrots faussement chics où l’on étale du glacis marron sur le bord des assiettes pour rehausser le standing de poissons surgelés. Le soir, il dort lui aussi chez ses parents, un couple de concierges portugais pas bien riches, mais le cœur sur la main.

Le film surfe sur les 700 000 entrées en 3ème semaine, il risque de rallumer sa flamme par la fête du cinoche qui va faire décoller encore un peu ce 5ème film de Valérie...Mais au fait, dans quelle scène les gens vont rire ? La caricature en guise de fond de commerce ne suffit pas à faire dépasser le million de cinéphiles dans les salles, pour un sujet qui aurait pu être mieux filmé et surtout, éviter la panne des dialogues courts que la réalisatrice nous délivre comme dans un vaudeville. Problème nous n'étions pas au théâtre !

Note : 5/10 (EF)

Ce qui nous lie
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Et si Cédric Klapisch avait raté son rendez-vous avec ses cinéphiles après plus d'une semaine après la sortie de son film "Ce qui nous lie" ? Pourquoi le public n'a t'il pas répondu présent dans les salles du 7ème Art ? Quelles sont les motivations pour zapper ce beau film ? Toutes ces questions dans nos têtes posent la légitimité d'un cinéma d'auteur qui veut sortir des sentiers battus, la Bourgogne comme terre d'accueil des équipes de tournages, n'a pas suffi à pousser le public à la rencontre de cette fratrie élégamment jouée par nos trois formidables acteurs, Ana Girardot, Pio Marmai, François Civil...Avec 7 870 000 euros, le film ne couvrira pas une rentabilité avec le remplissage des sièges au cinéma !

Pour raconter une histoire de famille et de transmission entre générations, le cinéaste Cédric Klapisch, à qui l’on doit notamment L’Auberge espagnole (2002) et Les Poupées russes (2005), a choisi les vignes de Bourgogne. Et plus précisément la côte de Beaune, notamment Meursault et Chassagne-Montrachet. C’est dans cette prestigieuse région viticole qu’il réalise actuellement son treizième long-métrage, Le Vin et le Vent. Le tournage, qui a commencé pendant les vendanges, en septembre 2015 se déroule sur les quatre saisons en périodes de coupures de plusieurs semaines.

 Echec annoncé : En France, le film dit de “vignoble” s’est crée un socle dans la production française de ces dernières années. Au menu  des valeurs poussiéreuses tel que l’héritage et les liens du sang. Parmi cette flopée de films, on trouve entre autre Premiers crus avec Gérard Lanvin, qui, en 2015, avait fini sa course avec le maigre score de 325 413 entrées. Tu seras mon fils de Gilles Legrand, fut lui en revanche un véritable succès : le film porté par Niels Arestrup et Lorànt Deutsch totalisait en fin de carrière le bon score de 722 122 entrées. Au milieu de ces films calibrés on trouvait Saint Amour, qui tentait de nuancer ce genre quelque peu “suranné”. Le film de Benoît Delépine et Gustave Kervern effectuait une belle prouesse et comptabilisait 552 248 entrées en fin de parcours. Le film de Klapisch, lui, devrait osciller entre les deux : ni un franc succès ni véritable échec. Ce qui nous lie pourrait, en fin d’exploitation, frôler les 500 000 entrées, ce qui est peu pour un long métrage de ce gabarit.

Allez voir ce film, qui fait du bien...Le scénario est tendre, Klapisch n'a pas voulu faire une histoire sur le vin, il nous interroge sur nôtre sens familial et par la même inaugure un nouveau style plus intimiste, comme si lui réalisateur de prestige, le temps d'une vendange il allait nous raconter son enfance, son passé !

Note : 8/10

E.F

Alien Covenant
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L’ombre de la prélogie « Star Wars »....En revenant plusieurs décennies plus tard sur son propre univers, Ridley Scott s’engage dans une voie très risquée : celle de George Lucas, à qui les fans de Star Wars n’ont toujours pas pardonné les poussifs épisodes I et II. A l’époque, le film La menace fantôme avait notamment brisé un mythe en tentant d’expliquer la Force, cette mystérieuse puissance qui irrigue l’univers et que maîtrisent les Jedi, par de déprimants micro-organismes, les midi-chloriens, présents en plus ou moins grande quantité dans le sang. Cette réflexion plusieurs journalistes l'ont écrite, avec un peu plus d'1 million de spectateurs en 3 semaines, Ridley Scott a perdu la bataille des thrillers de science fiction !

 Certes, avec son Prometheus, Ridley Scott avait, il y a cinq ans, relancé la saga Alien dont il fut l’initiateur en 1978. Sans doute fallait-il déplacer les enjeux de la série, imaginer une genèse possible et éventuellement un sens à l’existence du monstre extra­terrestre conçu à l’origine par le plasticien Hans Giger, et dont on sait que les principaux protagonistes de ce nouvel épisode passeront ensuite, de toute façon, le test des cinéphiles.

A regarder d'un peu plus près, les prémices d’Alien : Covenant ont bien sûr quelque chose d’immédiatement familier. Le vaisseau spatial label "Terre", parti pour coloniser une planète d’une lointaine galaxie, est détourné de sa route vers une mystérieuse planète, jusque là rien d'original dans le scénario. Ses membres d’équipage y découvrent les vestiges d’une civilisation ancienne ainsi que les débris d’un gigantesque vaisseau spatial, c'est la version zombi du film "Avatar". D’invisibles bactéries en contaminent quelques-uns, qui accouchent chacun d’une créature monstrueuse guidée par un pur instinct de destruction, on est dans le glauque total. Mais ici, le thème de la créature extraterrestre monstrueuse est couplé avec celui, bien connu des amateurs de science-fiction, de la révolte des robots.

L’équipage du Covenant compte un androïde (incarné par Michael Fassbender). Celui-ci rencontre, sur la planète visitée, un de ses doubles, sans doute un autre spécimen de la série, un prototype aux desseins mystérieux, abandonné par ce que l’on devine être une expédition précédente, sachant qu'au début du film l'un des deux jumeaux a rencontré un humain se prenant pour Dieu, en personne !.

La rencontre des deux humanoïdes prend la forme d’échanges un peu verbeux, au cours desquels les projets du mystérieux (et plutôt pompeux) robot mégalomane commencent à affleurer. Ces échanges dialogués confirment ce que le début du film avait laissé pressentir : la volonté du cinéaste et de ses scénaristes d’enrober le film d’un vernis culturel haut de gamme. Les multiples maquettes de vaisseaux, posent la 2D mais n'expliquent pas tout de cet Alien qui va revenir sur nos écrans en 2019 !

Note : 6/10

Eric Fontaine

L'Amant Double
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François OZON le réalisateur a t'il manipulé le spectateur, par une forme narrative mêlant l'intrigue, la fiction et le modernisme des effets spéciaux ? Le film évoque la gémellité mais parle aussi du dédoublement de la personnalité. En 2013 Alexia de Secret Story évoquait son jumeau parasite logé dans son estomac, découvert lors d'analyses poussées, qu'elle a du faire enlever lors de sa 14 ème année ! Le sujet est là dans sa complexité humaine, Marine Vacth interprète une jeune fille en proie à de terribles angoisses, manipulée par un amant psychiatre qui ose le mensonge, pour exorciser son mal intérieur réel qui aussi sera l'abîme de sa jumelle mort née dans son estomac...

L’Amant double n’a que la forme du thriller. Les décors clinquants peuvent bien faire penser au cinéma américain des années 1980, la terreur qui décontenance puis mine l’héroïne n’est pas celle des femmes en danger de Psychose ou Rosemary’s Baby. Le péril dans lequel elle se trouve est intérieur, comme le lui rappelle sans cesse son ventre. Bref, feignant de satisfaire aux lois d’un genre, François Ozon s’est lancé dans la mise en scène d’un paysage mouvant et insaisissable, un inconscient féminin.

Moins lucide que la ménagère qui refusait les deux barils de lessive qu’on lui offrait dans une vieille publicité, Chloé (Marine Vacth) saute sur l’occasion quand elle s’aperçoit que Paul (Jérémie Renier) se dédouble en Louis (Jérémie Renier), son jumeau homozygote. Ils sont tous deux psychothérapeutes, le premier est un gentil garçon qui pourrait être l’enfant que Tintin (le pull bleu ciel, la blondeur…) et le capitaine Haddock (la barbe, les cheveux coiffés vers l’avant…) n’ont jamais eu. Le second est un roué sadien, qui mérite amplement, dès son apparition, de se voir retirer son autorisation de pratiquer.

Un film imbroglio qui laisse un moment de réflexion, en sortie de salle mais qui au final révèle un scénario pointilleux, plein d'intrigue !

Note : 9/10

EF

Les Fantômes d'Ismaël
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« Les Fantômes d’Ismaël », film français d’Arnaud Desplechin – en ouverture du 70e Festival de Cannes (hors compétition).

Cette histoire d’amour, avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg dans les rôles principaux, est présentée en ouverture (hors compétition) du 70e Festival de Cannes, mercredi 17 mai. Le film sort le même jour en salles. Il en existe deux versions : une version que son auteur, Arnaud Desplechin, qualifie de « française ». D’une durée d’une heure cinquante, c’est celle que le distributeur du film, Le Pacte, présente dans la grande majorité des salles de l’Hexagone. Une autre version existe, plus longue de vingt minutes, que Desplechin nomme « version originale », ou « director’s cut ».

 Il y a beaucoup de choses dans les Fantômes d’Ismaël : beaucoup de plans, d’histoires, de personnages. Film plein à craquer au point de se dédoubler en deux versions (lire ci-contre). Toute cette quantité est, en un sens, une qualité - et face à ces Fantômes, qui sont en partie une réécriture du Vertigo d’Alfred Hitchcock, revient la phrase que ce dernier aurait lancée un jour à André Bazin : «I try to achieve the quality of imperfection» («J’essaie d’atteindre la qualité de l’imperfection»).

La réapparition des êtres, dans le langage de l'oubli et de la schizophrénie des vies déchirées, c'est un peu le terreau qu'utilise le réalisateur dans sa forme narrative.Le film est à regarder avec une double vision, celle de l'aptitude à retrouver le sens du bonheur dans le présent, mais aussi à vivre avec ses souvenirs tels qu'ils sont, son passé amoureux ! L'adéquation dans l'histoire d'Ismaël se conjugue sur ces deux phases, le film véhicule un spectre étrange de la perception de l'autre, Marion Cotillard interprète "l'oubliée" et Charlotte Gainsbourg l'amante mais les deux personnages existent avec leurs valises existentielles, c'est le coeur de l'histoire !

Un moment d'émotion, des déchirures et surtout une violence contenue, un scénario d'Arnaud qui provoque nos pressentiments, mais jamais n'écorchent nos sens !

A voir

Note : 8/10

LIFE : Origine Inconnue
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Daniel Espinosa nous avait déjà prouvé son talent de réalisateur, dans son dernier opus, il nous emmène dans la galaxie en dessous des étoiles et juste au dessus de nos têtes, nous délivre un message sur notre soif de comprendre, du danger de la théorie de la vie extra terrestre, et campe un thriller qui lui se tire de nos références et plonge l'aventure dans une fin presque dantesque !

A bord de la Station spatiale internationale (ISS), un équipage cosmopolite s’affaire pour réceptionner une sonde en provenance de Mars et contenant de précieux échantillons. L’analyse de ceux-ci révèle l’existence d’une vie extraterrestre, à l’état cellulaire et encore inerte. Conditionnée en laboratoire, celle-ci se développe, et fait bientôt preuve d’une plasticité, d’une haute capacité d’adaptation, et à terme d’une intelligence prédatrice, qui mettent en danger les six humains en présence.

Life, origine inconnue surfe sur la vogue récente de la science-fiction spatiale et emprunte largement à différentes sources : le huis clos horrifique, sur le modèle canonique d’Alien (1979), de Ridley Scott, avec son équipage à la merci d’une bestiole affamée, et le blockbuster survivaliste Gravity (2013), d’Alfonso Cuaron, pour sa plongée immersive dans le vide. Dépourvu de la moindre personnalité et sans chercher à s’en cacher, le film déroule son programme d’honnête série B, grâce à une exploitation judicieuse de son décor (la station parcourue de long en large) et quelques idées sympathiques Cette neutralité sans saveur déteint sur les comédiens, extraordinairement plats. Alors que Jake Gyllenhaal adore en rajouter et que Ryan Reynolds, alias Deadpool, a vraiment l'air d'être venu pour s'amuser.

Même si, au final, Life est loin d'être antipathique, il lui faudrait beaucoup plus de caractère pour s'imposer. En France comme aux Etats-Unis, le public ne s'est pas précipité, préférant attendre le retour d'Alien (dans Alien: Covenant) le 10 mai prochain. L'invitation à la projection de presse nous est arrivée.parsemées ici ou là (les gouttes de sang en apesanteur).

Le bémol de cette histoire tient aussi sur cette manie des producteurs d'Hollywood de mettre un monstre Galactique qui prône au centre de l'écran, où sont les acteurs ? Deviennent ils les silhouettes de ces histoires du futur ?

EF

Note : 7/10

 

A Voix Haute
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Avant de se présenter devant un jury mêlant universitaires, comédiens, avocats, et de passer les éliminatoires en visant la finale, ces jeunes bénéficient d’une formation de six semaines à l’art oratoire, dans le cadre de l’université. Maîtrise du souffle, prononciation, mise en scène et sincérité de la parole, gestuelle, art de la formule, structures d’argumentation…

Comment capter l’attention et tenir en haleine pour faire passer son message au mieux ? C’est ce défi qu’Eloquentia propose de relever à des jeunes qui, par leurs origines ou leur parcours, ont souvent eu la sensation d’être inaudibles.

Stéphane de Freitas, coréalisateur du film avec Ladj Ly, est aussi le fondateur et organisateur d’Eloquentia. Et puisqu’il s’agit d’une joute inspirée des exercices auxquels s’adonnent les membres du barreau, il ne se formalisera pas en entendant qualifier son film de plaidoyer "pro domo".

C’est une célébration au carré, qui porte aux nues ceux et celles qui ont choisi de porter au pinacle l’art oratoire.« – Quand tu parles, quand les gens t’écoutent, tu as l’impression que tu peux changer le monde. » Ces deux phrases sont celles d’étudiants de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, engagés dans le programme Eloquentia, concours annuel d’éloquence visant à distinguer « le meilleur orateur du 93 ». Le tout accompagné de l'univers de "Superpoze" le DJ en Electro qui fait le tour du monde, forme la touche poétique de ce documentaire, les gens applaudissent dans la salle, c'est gagné !

Eric Fontaine

Note : 8/10

DJANGO
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En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk.

Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale...

Le film s'articule sur un pan précis de la vie de ce virtuose, Cécile de France toujours dans le ton de cette collaboratrice de la résistance, déguisée en adoratrice du Nazisme, instaure un vrai climat de suspense dans ce long portrait du musicien. Louange à Django, certes le film véhicule de bons moments "authentiques" mais Reda Kateb n'arrive pas toujours à nous faire oublier sa stature de comédien, avec son accent de Parisien de la banlieue, il dénote sur le ton "Gens du Voyage" même si ses petites moustaches forment le physique à la Django !

Etienne Comar signe un premier film en tant que réalisateur qui sur certains plans masque l'identité de ce "Manouche", un brin macho évidemment mais surtout pas dans la réalité de l'idole médiatique des années 30, en autre aux USA qui avaient porté Django Reinhardt au firmament de la musique swing underground !

Note : 6,5/10

EF

ORPHELINE
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Sans faire de la démagogie facile, ce film d'Arnaud des Pallières fera surement la référence des étudiants de la FEMIS (le réalisateur vient de cette école), mais ne fera pas le bouche à oreille des cinéphiles "Art & Essais".Bon j'avais des scrupules à en parler mais vu que le pitch indique clairement l'objet du film, allons-y gaiement, l'idée du film surfant sur une même personne mais à la psychologie changeante suivant l'âge est une bonne idée. La mise en film est à la fois déroutante, et si notre imagination doit elle-même travailler notre compréhension au même moment du déroulement de l'histoire, la gymnastique du cerveau sera mise à dure épreuve !.

Gamine marquée par un traumatisme, adolescente fugueuse et brutalisée (Solène Rigot), jeune adulte à la dérive (Adèle Exarchopoulos) puis trentenaire respectable rattrapée par ses magouilles de jeunesse (Adèle Haenel), ce récit choral ne suivrait qu'un seul et même personnage, sans effort particulier pour donner une cohérence logique à sa trajectoire ou son vieillissement, jusqu'à la faire interpréter dans une volonté prosopagnosique clairement délibérée par quatre actrices différentes. Personne ne peut ainsi croire qu'Adèle Exarchopoulos puisse se transformer en quelques années en Adèle Haenel, alors que pourtant le personnage de Gemma Arterton vient faire le lien entre les deux. Du coup, le film trouble beaucoup dans ses deux tiers par une structure diffractée virtuose qui donne l'impression d'un film choral, avec une alternance qui évite les contingences du flashback. Duvauchelle passe ainsi du père aimant pour sa gamine à un monstre de brutalité pour l'adolescente, sans caractériser outre mesure le fait que sa femme ait disparue du paysage.

Arnaud des Pallières obtiendra peut être un César pour l'une des actrices, pas pour l'écriture. La raison évoquée : Des identités comme autant de visages de poupées russes, sans doute le film le plus accessible de son auteur et porté par un gros casting uniformément investi, mais une fois qu'on a saisi que cette personne est bien la même, virevoltant entre ses relations avec son père,  on s'égare dans l'histoire qui forge une grande part de l'intérêt du film par son côté mystérieux. Le film ne séduit pas comme son auteur aurait voulu et les sous-intrigues deviennent malheureusement incompréhensives.

Note : 3/10

EF

La Confession
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Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes... Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Le film est une reprise de la version de Jean Pierre Melville en 1961. Mais peut-on à une époque différente réussir l'adaptation du livre de Béatrix Beck, avec la modernité d'aujourd'hui dans la prise de vues ?

Certains disent que c'est une dramaturge qui est désuet, au regard bleuté de Marine Vacth mis en évidence très souvent dans le film, je dirais que le duo avec Romain Duris est plutôt bien vu ! Cependant l'étrangeté que ce prêtre instaure (Léon Morin) fausse l'histoire dans sa mise en forme singulière. Nicolas Boukrief nous avait plus inspiré dans son "Made in France" à la sauce Djihadiste...

Si il est question de frustration sexuelle, dans le roman la relation secrète entre le curé et la jeune fille, inscrit le paradoxe dans un élan vicéral et surement plus évocateur du trouble engendré. Ici dans le film, le réalisateur est plutôt dans l'abstinence d'une relation adultère, le trouble et l'ambiguité sont mis en lumière et cela reste évasif. On regrette déjà la belle Emmanuelle Riva qui séduisait le beau Bébel dans le film de Melville, c'etait ça le talent de la mise en scène.

Note : 4/10

Eric Fontaine

Kong : Skull Island
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Où est notre King Kong de 1933 ? Quelle mouche a piqué le staff des scénaristes et des producteurs d'Hollywood pour raconter l'histoire de ces chercheurs (hommage à Jurassic Park) et de ces G.I perdus dans la jungle d'une île non répertoriée sur la carte ? Bien sûr on évoque la 3ème dimension de la terre creuse, malgré le repérage par les satellites de l'époque. On s'inspire de certains volets "d'Avatar," même si la nature est peuplée de monstre, depuis le cinéma de Gore Verbinski (A cure for life) on refabrique des petits bouts de films de la Hammer (Universal Roger Corman) on imagine alors un assemblage de succès pour un thriller qui s'inspire ouvertement "d'Apocaplypse Now "(les hélicos) ou du "Monde perdu" de l'Anime Japonaise (le buffle géant)...

Bref Dan Gilroy et Max Borenstein les scénaristes ont ré écrit la guerre du vietnam dans une version désincarnée où seul l'ennemi de l'homme est l'ensemble de créatures géantes carnassières. Samuel L. Jackson en colonel militaire voulant briser la chaine animale, et Tom Hiddleston ne tombant pas amoureux de la journaliste interprétée par Brie Larson, laissent au film les épreuves des effets spéciaux pour les enfants qui verront que de la cruauté ne prend racine que dans une histoire ficelée par la haine de l'autre (Gorille contre humains). Le singe géant va préserver la photographe !

Bémol à l'histoire du film qui a coûté 190 millions de dollars, la présentation de la tribu primitive muette et bariolée de mille couleurs, Kong gardien de l'île qui évite la sortie de lézard géant, un maximum de mômes qui devront questionner leurs parents : "Dis papa pourquoi l'humanité au cinéma est peuplée de monstres sanguinaires, pourquoi les hommes sont ils devenus violents et accros aux armes ?"

Note : 5/10

Eric Fontaine

LION
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C'est bien Sunny PAWAR qui nous fait prendre conscience dès les premières minutes que l'Inde en cette fin des années 80, ne remplit plus son rôle de grande nation, tant les orphelins, pauvres et enfants de la rue sont nombreux et dépourvus de tout !

Plus tard le petit garçon est dans une autre vie : Le destin aura voulu que Saroo devienne un citoyen australien qui grandira dans une famille de classe moyenne auprès de parents adoptifs aimants (Nicole Kidman et David Wenham). Le souvenir de la petite enfance reste toutefois gravé dans la mémoire sensorielle du jeune homme, désormais interprété par Dev Patel. Ce dernier n'aura d'autre option que d'entreprendre un jour des recherches pour retrouver son village d'origine en Inde. Et, peut-être, les siens, même s'il ne maîtrise plus sa langue maternelle.

Inspiré du récit autobiographique A Long Way Home, de Saroo Brierley, Lion relate le parcours d'un jeune homme qui, 25 ans après avoir été adopté par une famille australienne, tente de retracer le petit village indien d'où il provient à l'aide de... Google Earth! C'est que l'histoire de Saroo, qui a déjà fait l'objet d'un reportage à 60 minutes, l'émission phare du réseau CBS, est assez extraordinaire en soi. Elle tire son origine dans un endroit très pauvre, là où le petit garçon (adorable Sunny Pawar) vit avec sa mère, sa soeur ainsi qu'avec un grand frère qu'il idolâtre et avec qui il découvre les réalités de son monde.

Que doit on penser d'un film qui fait la narration d'un récit étrange, où la mort plane sur cette misère incommensurable. On apprend à la fin que le dénouement de ce jeune homme n'est qu'un lot de chagrin, certes il y a pu embrasser sa mère mais il apprend que son grand frère responsable de sa cavale ou de son abandon est mort, happé par un train. Garth Davis est loin de l'univers de "Slumdog Millionaire".Dev Patel l'acteur international est aussi dans les deux films, même regard avec les petits comédiens de 10 ans mais la magie n'opère pas comme dans le long métrage de Danny Boyle qui date de 2009.

Note : 6/10

Eric Fontaine

50 nuances plus sombres
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On avait découvert Jamie Dornan dans la série britannique « The Fall », où il incarnait un serial killer imperturbable. Ici encore la passion laisse son joli visage figé – le bel en bois Dornan. Il revient à Dakota Johnson de donner un peu de chair à cette romance aseptisée. A travers ses hésitations, ses mouvements d’indépendance, joués avec une sincérité qui détonne sur l’ensemble, le film s’achète une conduite qui devrait lui éviter les foudres des féministes. Comme la sagesse de l’image et du scénario devrait garantir au moins la neutralité bienveillante des puritains, il ne sera pas besoin de se cacher pour aller voir Cinquante nuances plus sombres !.

Les escarpins de Jimmy Choo (la photo) sont de sortie, même si le mouvement balancier de la petite culotte d'Anastasia Steele a pu décontenancer la grand-mère assise à côté de moi qui au moment de la scène, cette dernière a failli recracher ses pop-corns...Certes l'auteure E.L James a écrit 3 opus sur Monsieur Grey ce milliardaire aimant les pratiques SM (Sado Maso), et c'est bien la manivelle de l'image cinématographique du Réalisateur James Foley qui affole le compteur des spectateurs ( + de 3 000 000 en ce début mars), pour commenter les ébats amoureux de Dakota Johnson et de Jamie Dornan dans cette fiction, mais aussi dans les pages people, les deux acteurs soufflant le chaud ou le froid avec la presse à scandale.

Les boules de Geisha, la barre d'écartement et la pince à tétons sont fournis pour les besoins d'un scénario qui pose l'érotisme dans l'univers de la bourgeoisie indécente, là où il y a de l'argent : Il y a le sexe ! Ah bon ?

Note : 6/10

Eric Fontaine

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