Les dernières tendances...
Stars 80 la suite
Vign_Stars_80_la_suite

A regarder le film sous l'angle bienveillant : Forcément la nostalgie ça marche bien. Vis à vis des teenagers, c'est plus compliqué et prend un air de réchauffé sur cette "Edition 2" qui laisse perplexe !

Bien sûr, le scénario est limité, oui, c’est un poil déjà vu (référence les Bronzés font du ski), mais il faut avouer que cette troupe a une énergie communicative incroyable. L’arrivée de Jean-Marc Généreux ne fait que confirmer l’enthousiasme général. Ça ne se prend pas au sérieux, c’est plein d’autodérision et ça c’est agréable en comparaison à certaines stars actuelles qui semblent ne plus avoir les pieds sur terre. Bref, c’est simple, drôle et entrainant, on en demandait pas plus !

Doit on pour autant crier que ce film est sensationnel ?

Malheureusement, c’est du côté du scénario que le film pâtit, puisque l’histoire de ce second volet n’est qu’un remix du premier.

Synopsis : Pour se refaire après des déboires financiers, Vincent (Richard Anconina) et Antoine (Patrick Timsit) tentent de réunir à nouveau les Stars 80 (plus des «vedettes américaines») autour d’un concert géant. On saupoudre le tout d’un peu d’un peu du mojo de la comédie culte des 80’s, avec une Lio plutôt habile dans ses mouvements corporels, mais on vous laisse le loisir d'aller jeter un oeil sur un "Bis repetita.

Note : 6/10

Le Semeur
Vign_Le_Semeur

1852, quelques mois après l’abrogation du pouvoir par Louis-Napoléon Bonaparte, les Républicains sont pourchassés et écrasés jusque chez eux. Au lendemain du coup d’Etat de 1851, les troupes de Napoléon III font régner dans tout le pays une répression de fer. Notamment dans ces Basses Alpes républicaines (Les Cévennes dans le film), où un village de montagne se trouve vidé par la force de tous ses hommes employés sur le front. Livrées à elles-mêmes, désormais seules dans un village sans un homme, les femmes s’organisent, reprennent les travaux des champs et tentent tant bien que mal de survivre. Mais à force de réclusion vient le moment d’une question inéluctable, celle d’assurer la continuité de ce petit monde. Les plus jeunes d’entre elles éprouvent le désir d’aimer, de faire des enfants. L’arrivée d’un mystérieux maréchal-ferrant en cavale met le gynécée en émoi : l’homme robuste devra-t-il n’en aimer qu’une ou se partager entre toutes ?

Le film semble être malgré tout passé à côté de son sujet, avec toute la psychologie perverse que celui-ci aurait dû impliquer. La faute aussi à un rythme haché, enchaînant rapidement les séquences sans créer d’impact sur la perception du temps qui s’écoule. Il ne parvient ni à créer une langueur explicitant la frustration intense ressentie durant tous ces longs mois d’abstinence, ni la dynamique propre à créer un long-métrage d'époque en costumes,.Faute à une réalisatrice qui ne s'est pas suffisamment concentrée sur l'essentiel, c'est à dire à la vision d'une époque gangrénée par la pauvreté et les grandes épidémies, le film trop clean sur les habits des personnages, les dialogues simplistes et le manque de véracité forment un pseudo récit, dénudé d'intrigues et surtout apparaissant comme une vitrine de musée mise en images !

Note : 4/10

EF

Les années folles
Vign_Les_années_folles_André_Téchiné

Pour son dernier film, le cinéaste André ­Téchiné se penche sur un fait divers fascinant de l’entre-deux-guerres, révélé par les historiens Fabrice Virgili et Danièle Voldman dans La Garçonne et l’Assassin (Payot, 2011). Paul Grappe (Pierre Deladonchamps), appelé de la première heure dans les tranchées de la Grande Guerre, ne supporte plus l’éclat des obus. C’est en déserteur qu’il revient à Paris auprès de son épouse, Louise (Céline Sallette), une couturière, qui le déguise en femme pour éviter les cancans du voisinage.

Dans la perspective psychologique des personnages : Paul devient Suzanne, un personnage qui lui colle tellement à la peau qu’il traverse les années 1920 sous cette identité. Suzanne révèle Paul à lui-même, le jette dans une quête de nouveaux plaisirs, l’initie à la prostitution lors de virées nocturnes au bois de Boulogne, et redéfinit en profondeur ses relations de couple.

Téchiné en appelle alors au sou­venir de Lola Montès (1955), le chef-d’œuvre maudit de Max Ophüls, où la vie d’une courtisane se retrouvait ­exhibée dans l’arène d’un cirque. D’où vient que Nos années folles ne convainc finalement pas complètement ? Sans doute manque-t-il un parti pris de mise en scène aussi fort que le sujet. La piste du cabaret semblait inviter à un jeu autour de l’artifice, de l’illusion, des faux-semblants. Or le film est la plupart du temps engoncé dans un « devoir de véracité » et une reconstitution a minima de l’époque, qui ne semblent pas intéresser Téchiné outre mesure. On attend donc en vain cette folie promise par le titre, qui eût sans doute offert une meilleure rampe de lancement vers la réalité d’un drame aussi peu croyable et foisonnant que celui-ci.

Doit on pour autant évoquer le film dans un angle plus consensuel ? Peut on définir ce long métrage dans la quête d'une recherche cinématographique, que le cinéaste nous délivre à chaque nouveauté ? Toutes ces questions abordent l'industrie du 7ème art qu'André Téchiné raconte par le biais de son talent, il fait bon se replonger dans les méandres des décors de cinéma, approuver le jeu des comédiens et surtout ne pas analyser le film par sa vocation de la guerre, le réalisateur lui-même précise : "Les cinéphiles verront dans ce film une histoire, une anecdote et chacun pourra trouver ses impressions". Pour nous, le film malgré ses caractères esthétiques ne brosse pas avec l'acuité du cinéaste, une histoire restant trop dans la banalité !

Note : 4,5/10

Grand Froid
Vign_Grand_Froid

Adapté de Edmond Ganglion et fils, du romancier Joel Eglof, le film, en dépit de la rareté du genre, ne se situe pas sur ses sommets artistiques. De William Faulkner (Tandis que j’agonise) à Bruno Podalydes (Adieu Berthe, l’enterrement de mémé), on a connu nettement plus inspiré. Ne tirons pas pour autant sur le corbillard : le film, premier long-métrage de son auteur, est tout au plus un gentil premier film de divertissement.

Quelque part en Pologne, au plus froid de l’hiver, (bien que le réalisateur a eu du mal de trouver des journées de neige qui ne fond pas), une rue de village vide entre un resto chinois et un croque-mort. Comble de l'ironie : Personne pour y mourir !. Vu l’état de l’entreprise de pompes funèbres locale, qui périclite. Edmond Zweck (Olivier Gourmet), l’infortuné patron de cet établissement à l’ancienne, liquide donc des godets avec filles rieuses en fond de verre, au restaurant Asiatique d’en face (tenu par un Belge !)...

Un beau jour, une veuve éplorée se présente, grande bourgeoise, cimetière lointain, convoi nécessaire. Les affaires reprennent. Georges (Jean-Pierre Bacri), le bras droit d’Edmond, préretraité blasé, et Eddy (Arthur Dupont), jeune apprenti plein de bonne volonté, sont tout désignés pour convoyer. Les ennuis commencent ici, façon « buddy movie » empêtré, conduisant le film sur le chemin du surréalisme macabre. Stop on en dira pas plus, le film évolue dans le sujet narratif décalé, Bacri a grise mine et son acolyte d'Arthur est sur un registre de l'inexpérience de l'emploi, bref l'humour fuse mais disparaît vite entre deux scènes il faudra être patient pour rire, encore, un peu, pas assez !

Les 20 dernières minutes n'apportent rien !

Note : 6/10

EF

Chacun sa vie
Vign_5095439_7_9339_2017-03-16-3426ad2-22032-kxk9ri-6jjx450zfr_a2769b4010126010fb96bb36c0d77559

Claude Lelouch s'est-il laissé déborder par un casting pharaonique ? La surabondance de personnages efface l'intrigue, et si le film est un déroulé de scènes, le réalisateur a défié la camarde, le résultat est plutôt incertain voir intriguant pour la plupart des cinéphiles !

Alors certes, la ville de Beaune pendant le Festival de Jazz, joue la Marquise du 7ème art, masque un procès en rupture de la tranquillité des festivaliers en modélisant le célèbre avocat Eric Dupont-Moretti dans un registre cocasse mais encore amateur dans son jeu d'acteur !

Johnny Hallyday s'efforçant de nous faire croire qu'un sosie entreprenant se fait trop passer pour lui, pose le rôle des comédiens dans un registre surréaliste. Claude Lelouch s'est quand même confié à un journaliste, présageant que son âge faisant, le temps lui est compté ! Fabriquer, inventer, multiplier les scènes pour nous mettre sur des pistes futurs de scénarios qu'il ne pourra peut être plus faire, ç'est ça le secret du maître qui a choisi le cinéma pour un grand rendez-vous de ses potes. A éviter !

Note : 3/10

Eric Fontaine

Rock'n Roll
Vign_rock-n-roll-photo-guillaume-canet-camille-rowe-974640

Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.

Le film est peut être une satire du milieu du 7ème art, il est aussi un pied de nez au pseudo journaliste et à la presse people...Ecrire ça comme cela ne veut rien dire. Guillaume Canet a poussé son idéologie d'acteur dans un prisme "Néo-Destructeur" tant il apparaît comme un "Baba" du changement de looks, d'un jeu de scène qui prévoit l'inattendu, où la disgrâce d'un tournage subit les asseaux d'un comédien en crise, de la quarantaine mais bien plus que cela !

Le film passe par toutes les phases d'une comédie familiale qui peut le cas échéant faire rire, même si la métamorphose de l'acteur Canet s'apparente plus à un semblant cinématographique peu probable (muscles et Botox), avec un découpage un brin anarchique malgré un complément de seconds rôles (ses potes) plutôt bien vu.

Note : 5/10

Eric Fontaine

Et les Mistrals Gagnants
Vign_15171086_1503478183001623_4064975126171420936_n

Le titre de la chanson de Renaud a inspiré Anne-Dauphine Julliand pour l'écriture de son documentaire...

Souvenez-vous du livre : "Deux petits pas sur le sable mouillé" parlant Thaïs cette petite fille atteinte d'une maladie rare baptisée Leucodystrophie Métachromatique ! C'est l'histoire de sa fille qui aussi a donné la force à la réalisatrice de filmer de longs mois des adolescents luttant contre la maladie. Mais rien de pathétique dans ces histoires et scénettes mises en images dans un documentaire qui prend acte du présent. Plutôt évocateur du courage de Ambre,Camille,Charles, Imad et Tugdual le film présente des jeunes entre 6 et 9 ans vivant leur handicap sans plainte, sans tristesse, sans remord...Bien entendu, certains estiment qu'ils n'ont pas eu la chance des autres enfants qui eux ne sont pas dans l'attente de la guérison, au final c'est l'espoir et leur naïveté de la mort qui leurs donnent cet avantage : De croire que tout est possible même de vivre une courte vie, aussi magique soit elle !

C'est une belle leçon de vie.

Note : 8/10

Eric Fontaine

DALIDA
Vign_images_du_film

Voilà un biopic très critiqué par la presse depuis sa sortie nationale ce 11 janvier 2017. Comment parler de ce film qui relate des parties de vie d'une chanteuse qui a vendu plus de 140 millions d'albums de son vivant et de sa mort !

Que peut on reprocher à Liza Azuelos la réalisatrice qui dans un passé récent à sorti 'Lol' et "Comme t'y es belle !" ? Son manque d'émotions diront certains et dans les forums l'incarnation un peu terne de l'actrice Sveva Alviti ! Bon mon impression est aussi mitigée, j'aurai aimé avoir un peu les larmes aux yeux, et retrouver ce côté sexy qui hantait mon enfance quand la diva Dalida se promenait en robe transparente sur les plateaux des télés ! A t'elle porté une tenue glamour ? On regardait la star sans pour autant écouter les belles paroles de ses chansons ! Au final son côté superficiel mettait une note de charme à la diva qui faisait la une des émissions...

Mais en 2017, on voit ce long métrage avec les lacunes que l'on avait sur la chanteuse, l'histoire est orientée côté vie privée et suicides, mais côté chanson la réalisatrice a sélectionné des titres aux textes révélateurs, on redécouvre une chanteuse blessée par la vie amoureuse de ses amants trop superficiels ou trop aimant à son goût...Le casting prestigieux met en avant un Duvauchelle et un Niels Schneider majestueux dans leur rôle respectif : Des amants amoureux mais pas à la hauteur de Dalida !

Note : 6/10

Eric Fontaine

La fille inconnue
Vign_5011526_7_54cf_adele-haenel-incarne-le-docteur-jenny-davin_ed8e08d018d77e28b00c69bdc452bf09

"La fille inconnue" grâce à la présence d'Adèle Haenel le nouveau long métrage des frères Dardenne, prend la forme post-moderne d'une réflexion sur la culpabilité !

Jenny incarnée par Adèle transforme ce cinéma de la logique basée sur la misère sociale, en un film policier où l'investigation rejoint l'enquête policière version médicale. Seraing en Belgique où le chômage dégomme tout ce qui touche (sous le spectre de la drogue), amène une prostituée à fuir son destin...En n'ouvrant pas sa porte de son cabinet médical, la mort de cette jeune fille va hanter cette jeune remplaçante médicale qui partira à la recherche de la vérité.

Si le film s'apparente à du Ken Loach sous sa forme "La fille inconnue" se joue de la disgrâce d'une société corrompue. Les Dardenne interrogent, questionnent par le prisme du mensonge et nous délivre un découpage narratif classique, sans musique le film amène une vision glauque de la souffrance humaine, sans effet de style même si le sujet pose un regard sur l'identité oublié, le cinéma des frères revendique un cinéma d'auteur qui se trouve dans ce long métrage au paroxysme d'un style un brin dénudé !

Eric Fontaine

6/10

Les Ogres
Vign_4882911_7_cf0f_adele-haenel-dans-le-film-francais-de-lea_f37afdf772b1a5dc1ed369cc637ec7ca

Léa Fehner (enfant de la balle) a écrit "Les Ogres" pour peindre un univers qui lui ressemble totalement. C'est son deuxième long métrage et Philippe Liégeois (Rezo Productions) que l'on a rencontré parle du film au singulier. En tant que Producteur, il a porté le film au bout de ses épaules, car cette histoire est née au sein d'une troupe itinérante dans l'observation, la performance d'acteurs, l'improvisation mais aussi grâce à la captation issue du regard de la scripte (Annick Reipert) qui a cherché à ordonnancer les éléments afin de composer un film où se mélange la réalité et la fiction.

Adèle Haenel césarisée n'est pas en reste dans ce psychodrame des saltimbanques, on passe de l'émotion au rire, des pleurs au chaos. Léa Fehner préfère filmer les failles des protagonistes plutôt que la poésie du spectacle. Sa propre famille a contribué à l'élaboration de ce laboratoire d'images "Nous avons visionné plus de 80 heures de rushes et une centaine de versions, sur 9 mois de post-production, pour réaliser Les Ogres..." avouait Philippe Liégeois à Nîmes !

Léa compose son film avec les blessures enfouies, elle prend à contre pied l'ambiance festive de la scène, et accorde une certaine frénésie artistique au jeu du cirque, mais dans l'antre de nos âmes, où l'humain reste le moteur de l'histoire. Le public jouant le rôle des spectateurs eux-mêmes sont plongés dans ce mélodrame, à la fois témoins ou victimes du peu d'informations qui filtrait ou pas du tournage, ce qui amène une certaine absurdité voulue dans le regard de ces figurants qui ne savent plus si la réalité a rattrapé le réel !

Les mises en abyme évoquent nos propres peurs existentielles, le film pose le questionnement de nos vies, de nos fardeaux même si l'exubérance du démarrage de l'histoire plonge trop longtemps les cinéphiles dans la dizaine de portraits des comédiens et de leur passé, le thème choisi et le ton employé font de ce long métrage une oeuvre atypique !

Note : 7/10

Eric Fontaine

 

Tous les chats sont gris
Vign_4949892_7_c66c_manon-capelle-et-bouli-lanners-dans-le-film_8389ce3ff1fd866e0362c3c2e832397d

Ce film de Savina Dellicour réunit Bouli Lanners, Manon Capelle, Anne Coesens...Paul a 40 ans, il est détective et surveille Dorothy 16 ans, car il pense être le père biologique, mais l'ironie du sort fera que la jeune fille prise sur le vif des investigations, interviendra auprès du détective pour lui demander un service : Retrouver son géniteur !

Au final, Paul découvrira qu'il s'est trompé sur son rôle de père potentiel et il découvrira pour Dorothy la vraie identité d'un père, mais surtout le lourd passé d'une mère fêtarde et alcoolisée...Le film développe l'esprit du passé, que l'on ne peut pas gommer complètement le souvenir des êtres humains bons ou mauvais ! Si l'équipe Belge développe l'épreuve sociale entre un rapport Fille/Mère Anne Coesens et Bouli Lanners s'harmonisent bien.

L'adolescence mise en valeur rectifie l'impression du déjà vu par l'empathie que le scénario procure dès la première image sur Manon Capelle, qui fait ses premiers pas au cinéma ! Savina nous délivre un long métrage sensible, le psychodrame est en filigrane et impose une prise de conscience des personnages dans leur attribution. Si l'intrigue se termine bien, le film sans fausse note prend son envol un peu tard, nos âmes sont touchées par cette jeune fille en souffrance même si après coup à la maison le ressenti de l'histoire s'estompe vite.

Note : 6/10

Eric Fontaine

Tout de suite maintenant
Vign_4954629_7_3a01_agathe-bonitzer-dans-le-film-francais-de_c672728c4cc18f854399af1c35cf5a98

En entrant chez ABFi, Nora Sator semble destinée à mettre en action le titre du film. Jeune femme brillante, elle surmonte les incertitudes de la première journée après l’embauche pour devenir en quelques jours l’étoile ascendante de ce cabinet de ­conseil en fusions-acquisitions.

Elle a à peine 30 ans, elle est belle et bientôt riche et puissante. Mais en lui faisant pénétrer les locaux d’ABFi, Pascal Bonitzer lance son héroïne dans le labyrinthe immatériel des couloirs du temps. Le metteur en scène et scénariste ne peut se satisfaire d’une simple peinture, si raffinée soit-elle, du monde de la finance, univers à deux dimensions. Et Nora Sator (qui est interprétée avec une autorité souvent glaçante, à peine zébrée de failles vite colmatées, par la fille de l’auteur, Agathe Bonitzer) est prise dans un piège dont le ressort est le temps passé.

Dans “Tout de suite, maintenant”, son nouveau film, Pascal Bonitzer, réalisateur, dépeint une histoire de famille dans le monde de la finance. Le film captive par ses rapports entre les personnages qui jouent une véritable comédie humaine. Au départ, “mon producteur m’avait conseillé de lire “Les employés”, un roman peu connu qui se passe dans un ministère, une histoire de pouvoir. J’ai essayé de voir ce que je pouvais en tirer. La politique cela ne intéressait pas mais j’ai gardé l’idée du pouvoir. J’ai transposé cela dans un milieu d’argent”, raconte Pascal Bonitzer sur LCI.

Cependant malgré les efforts des comédiens qui incarnent au mieux la charte des personnages, le scénario décousu n'obtient pas l'ampleur de l'histoire qui durant le déroulé du film évoque des pistes pas toujours en relation avec la psychologie de l'intrigue, un brin compliquée !

Note : 4, 5

Eric Fontaine

Eva ne dort pas
Vign_eva-ne-dort-pas

1952, Eva Perón vient de mourir à 33 ans. Elle est la figure politique la plus aimée et la plus haïe d’Argentine. On charge un spécialiste de l'embaumer. Des années d'effort, une parfaite réussite. Mais les coups d'état se succèdent et certains dictateurs veulent détruire jusqu'au souvenir d'Evita dans la mémoire populaire. Son corps devient l’enjeu des forces qui s’affrontent pendant 25 ans. Durant ce quart de siècle, Evita aura eu plus de pouvoir que n’importe quelle personnalité de son vivant. Scindé en trois chapitres découpés chacun en une série de longs plans séquences fixes et en huis-clos, Eva ne dort pas met en scène différents protagonistes se succédant sur plusieurs décennies au chevet du corps sans vie d’Evita : son embaumeur (Dr Pedro Ara), son transporteur (le lieutenant-colonel Koenig) et un dictateur (Massera).

Si tous les personnages croisés au fil du récit ont pour la plupart existé, l’intention du cinéaste Pablo Agüero n’est pas de respecter à la lettre l’affaire de l’héritage d’Eva Perón. Et pour cause : ce douaire et la façon dont chaque parti, groupe politique et autres dictatures, l’ont par la suite instrumentalisé ou interdit est sujet à caution encore en Argentine. Son cadavre est à l'heure actuel placé dans un mausolée avec 6 mètres de ciment en guise d'accès à la chambre funéraire, pour vous dire l'importance de garder le lieu inviolable ! En cinéaste intelligent, Agüero construit son film à partir de rien. Des images d'archives, de la musique rock et des séquences impeccables, tournées largement en plans-séquences fixes. Le manque de moyens force une fois de plus à l'inventivité et toute la construction du récit est audacieuse, avec une mise en scène et une photographie extrêmement travaillées.

Eva ne dort pas a cependant ses limites. Les séquences forcent l'admiration mais laissent indifférents. Après un début très réussi, le film devient peu à peu hermétique. Le propos du cinéaste passe à travers des personnages intéressants mais qui peinent à vraiment passionner. Ne s'encombrant guère de psychologie, Eva ne dort pas tombe parfois dans la démonstration efficace mais un peu vaine et malgré une durée d'1h27, on sent quelques longueurs. Belle performance de Denis Lavant...

Note : 4/10 Eric Fontaine

Des nouvelles de la planète Mars
Vign_4878277_7_8ef2_vincent-macaigne-et-francois-damiens-dans-le_cc42366c91c9cb2d978959f9dea07cba

Dominik Moll après "Harry, un ami qui vous veut du bien" retrouve le chemin des salles obscures, avec "des nouvelles de la planète Mars". Retour sur terre pour Philippe Mars (François Damiens) qui devra faire face à un dilemme : Aider un collègue de travail Jerôme (Vincent Macaigne) atteint d'un syndrome paroxystique !

Le film porte le débat sur la perte de la raison et instaure un paroxysme où la folie devient évidente dans une société elle-même atteinte par ce mal identitaire ! Outre la belle interprétation de Tom Rivoire ce jeune comédien jouant le rôle de Grégoire, un adolescent en mal de conscience. Le film film évolue avec lenteur et ce n'est pas François Damiens ou Vincent Macaigne qui relèveront l'idée que le surnaturel forme la mise en forme d'une histoire embarrassante par l'évocation de la psychiatrie (le coup du hachoir...) et du rêve cosmique. Le tout complique un scénario qui n'amorce pas suffisamment l'esprit du film, dans les méandres de dialogues un peu naïfs !

Note : 5,5/10

Eric Fontaine

Les Tuche 2
Vign_LES_TUCHES

Une famille modeste qui gagne au loto 100 millions d'euros, c'est pour Olivier Baroux le réalisateur un moyen de donner une note "punk" à la saga constituée par : Jean Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau et Sarah Stern...

Alors dans ce film, on aura un tour complet des régles d'or du cinéma joyeux, où la comédie familiale rejoint l'ère subliminal des messages dispatchés. On distille le politiquement correct au comble des rires, quand un public rieur s'amuse des farces des comédiens ! A la rencontre du tandem Rouve/Baroux à Nîmes, on a pas pu poser des questions à la venue de l'équipe lors de l'avant-première. On a donc chercher 2 raisons pour aller voir le film :

.........................1) Se détendre et assumer rire des blagues sans lendemain du réalisateur qui a fait ses classes sur Europe 1 et Canal +

.........................2) Voir Jean-Paul Rouve dans son habit de "clown"

Bon le film est une immense parodie de la vie Américaine, qui puise sa critique dans la société bourgeoise affairiste, mais c'est aussi un louange à la facilité des dialogues simples et percutants. A voir pour les teenagers qui pourront reprendre les scènes cultes du film à la manière de Brice de Nice....

Note : 5/10

Eric Fontaine

Demain
Vign_5390171_11-1-1782805138_545x460_autocrop

Mélanie Laurent propose dans son documentaire tourné dans 9 pays, de réfléchir sur des initiatives citoyennes en matière d'organisation social, économique et financière. Il est question d'agriculture participative mais aussi d'éducation.

Nous avons rencontré la réalisatrice à Montpellier (CINEMED) qui a affirmé son appartenance citoyenne pour une meilleure marche du monde..."Les hommes politiques prennent enfin conscience de l'état de santé de notre planète, Paris a été le déclencheur de ces nouveaux mouvements actuels que l'on peut voir dans le monde !" répondait l'actrice lors d'un entretien téléphonique après la COP 21.

Cyril Dion a choisi un angle positif son atout : Avoir su convaincre que tout est possible avec la volonté, à voir et à méditer !

Eric Fontaine

Note : 8/10

ARGENTINA
Vign_578868

Carlos Saura est un réalisateur Espagnol que l'on ne présente plus, tellement ses films sont en général connus dans le monde entier. Ici avec ce long-métrage, il nous propose un voyage musical et sensoriel où se mèlent les danses originales contemporaines ainsi que la musique traditionnelle. Le Tango a également sa place dans l'univers de Carlos Saura, qui a réussi à concilier l'art de la danse classique ainsi que l'univers des Gauchos à celui de la Capitale Buenos Aires.

Remarquable par sa beauté visuelle, le film se regarde avec bonheur !

Note : 7/10

Eric Fontaine

Le Fils de Saul
Vign_le-fils-de-saul-1_5453678

Octobre 1944, l'été à Auschwitz-Birkernau...Saul Ausländer est recruté par la Sonderkommando, il est juif Hongrois, son rôle est d'assister les nazis dans leur plan d'extermination. Dans l'un des crématoriums il exécute les ordres, jusqu'au moment où un jeune garçon sort indemne d'une chambre à gaz, un officier SS rectifiera le sort du jeune homme en l'étouffant de ses mains, Saul aura alors l'obsession d'enterrer le corps du jeune en prétextant avoir reconnu son fils, auprès d'un docteur Hongrois qui lui aussi de force travaille avec les Allemands...

             Laszlo Nemes signe un film magistral et filme Géza Röhrig qui à l'origine est un écrivain, avant d'être comédien !

Si ce long-métrage porte le dialogue sur la Shoah et le droit de pouvoir ou non tout filmer, le réalisateur a utilisé les plans séquences et le gros plan sur le personnage central de l'histoire pour mettre en flou les Allemands (sauf sur quelques scènes) et il prend la direction artistique de ne pas montrer l'insupportable même si le son est aussi utilisé comme axe moteur de ces faits historiques, jusqu'aux complaintes d'un chant de deuil juif qui à un moment précis du film vogue dans la salle de cinéma à la man!ère d'un spectre vocal.

             Saul veut une sépulture pour son fils, le film évoque l'idée de l'éternité d'Antigone (il faut enterrer les morts), les images subjectives des cadavres qui ne sont jamais précisés, embaument l'histoire de hors-champs. L'intelligence du réalisateur fait le lien entre Claude Lanzmann et "La liste de Schindler" de Spielberg. Si l'auteur de "Shoah" C Lanzmann avouera que le scénario de Laszlo s'accomplit parfaitement de son devoir de mémoire, le film prend une tournure particulièrement poignante dans une Europe où le Nationalisme pose encore ses valises nauséabondes !

Note : 9/10

Eric Fontaine

AMY
Vign_amy-winehouse-cannes

Asif KAPADIA est un réalisateur et un scénariste hors-paire à 43 ans. Il a obtenu en 2012 un BAFTA AWARDS pour le documentaire SENNA (meilleur film documentaire). Quoi de plus normal alors de se lancer dans l'aventure Amy WINEHOUSE, avec les propres mots de la chanteuse et des images inédites, Asif KAPADIA nous raconte l'histoire de cette fille qui ne voulait pas être victime de son propre talent.

La narration du film passe à partir des chansons. Le réalisateur a du faire un travail de fond pour convaincre les protagonistes du documentaire, un boulot de défrichage sur 1 an et 8 mois. C'est le Festival de Cannes qui a permis la production et la diffusion de ce documentaire, il est complet, talentueux et sincère : A voir absolument !

Eric Fontaine

8/10

GUNMAN
Vign_4661743_7_a5f8_sean-penn-dans-gunman_fd0a3a1ecfb34d09639e387a53e7d35b

Quand Sean PENN joue des muscles c'est, dans le dernier film de Pierre MOREL. Le réalisateur a travaillé dans la tradition cinématographique à l'image de Luc BESSON puisqu'il a été Chef-Opérateur dans le Staff du grand "Luc" !

L'histoire parle de Jim Terrier un mercenaire à la solde d'un état occidental qui a pour mission à Kinshasa de tuer un ministre Congolais. Le scénario est écrit dans l'action où le rythme du film conditionne le découpage du thriller. On peut penser que Jean-Patrick Manchette qui a écrit le sujet surfe sur la vague de ces films d'action où le héros se positionne comme le sauveur d'une cause humanitaire, mais là la voie de la compréhension s'arrête sur un imbroglio qui porte Barcelone en décor principal, un peu comme si David LYNCH rejoignait Woody ALLEN sur le choix de la ville, un brin glamour avec une histoire d'amour peu marquée et des méchants résolument peu gentils, bien que le sang coule de manière rapide pour ne pas blesser le cinéphile.

Javier BARDEM et Jasmine TRINCA ne réussissent pas à combler un manque de dialogue précis, mais qui veut donc la peau de Jim TERRIER (Sean PENN) un copain des Forces Spéciales US ? Le déroulé de ce long-métrage mécaniquement a raté son envol !

Note : 4,5/10

Eric FONTAINE

The Valley of love
Vign_4654814_7_0866_gerard-depardieu-et-isabelle-huppert-dans-le_79a80dc573eda59b7aa19fa2935324cb

La vallée de la mort détient le record de chaleur à la surface du globe avec 56, 7 ° en 1913 à FURNACE CREEK...

C'est dans cette région du monde que Guillaume NICLOUX a choisi de tourner son film, l'histoire parle de Michael qui s'est suicidé, et qui a laissé une lettre différente à son père (Gérard DEPARDIEU) et à sa mère (Isabelle HUPPERT).

                  Au début, le scénario plante le décor : La chaleur, le désert, le poids de Gérard, l'agacement d'Isabelle, l'un est calme mais l'autre stressée !! Entre vérité et fiction, le réalisateur cherche l'équation. Le premier plan évoque Isabelle trainant sa valise avec nonchalance et plus loin Gérard obsédé par la température élevée du lieu. Entre singularité et réalité le film en trompe l'oeil gomme l'émotion, on visualise les comédiens et on oublie leur rôle. On plonge dans l'histoire et on en ressort sec même si l'eau de la piscine nous mouille quand Gérard a une compassion pour son ex-amour !

Que peut on dire de ces grands acteurs qui ont l'objectif de nous embarquer avec eux dans une intrigue qui oscille, un coup on voit la réalité un coup on est dans la fiction ou pas, ou oui selon qui regarde et qui est touché !

Note : 6/10

Eric FONTAINE

SELMA
Vign_980406-y-50-ans-pont-edmund

SELMA se situe en ALBAMA, c'est aussi le lieu qui a marqué l'histoire des Etats-Unis avec le pasteur Martin LUTHER-KING qui a laissé son empreinte où en 1965 seulement 130 noirs avaient le droit de voter. Le film de Ava DUVERNAY dévoile un casting prestigieux David OYELOWO, Carmen EJOGO et l'incroyable Tim ROTH dans le rôle du gouverneur George WALLACE (Réservoir Dogs, Pulp Fiction etc...) Le scénario est ambitieux, et il met en avant la marche sur l'EDMUND PETTUS BRIDGE devenu célèbre depuis la revendication des noirs.

Que dire de ce film, où les acteurs accomplissent leur devoir de mémoire...Seul regret, le charisme de l'histoire gomme le jeu des premiers rôles qui sont coincés dans la pédagogie du film et le manque d'émotion qui freine l'ardeur des revendications. Un film qui reste somme toute très classique sur sa forme !

Eric Fontaine

6/10

"Je fais des films pour réaliser mes rêves d'adolescent, pour me faire du bien et, si possible, faire du bien aux autres."

François Truffaut



"Et encore, ne nous plaignons pas: à côté des autres, la critique européenne est un aréopage de génies"

Jean-Luc Godard



"Ce n'est pas la réalité qui compte dans un film, mais ce que l'imagination peut en faire."

Charlie Chaplin



"C'est dur de faire un film, mais travailler pour de bon, c'est pire !"

Woody Allen



"L'art du cinéma consiste à s'approcher de la vérité des hommes, et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes."

Jean Renoir



"Un bon film c'est celui qui vaut le prix du ticket, du restaurant et de la baby-sitter."

Orson Welles



"La raison qui m'a poussé à faire du cinéma: je voulais tout bonnement sauver le Monde !"

Claude Chabrol



"Un film, c'est une psychothérapie très chère que les studios ne comprennent pas toujours."

Tim Burton



"Un film n’est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays..."

Bertrand Tavernier



"Le vrai pouvoir du cinéma réside dans la capacité à créer un monde, une atmosphère ou une sensation des lesquels le spectateur se retrouve immergé."

David Lynch

TULLY
Vign_Tully

SYNOPSIS : On découvre Marlo comme à travers une eau trouble dans laquelle elle se débat sans jamais arriver à remonter à la surface. Mère de Sarah, petite fille sérieuse, et de Jonah, un enfant aux « besoins spéciaux », selon l’expression en usage aux Etats-Unis, dont le trouble reste hors d’atteinte des médecins, Marlo est enceinte d’un troisième enfant. Le secours que lui apporte son compagnon Drew (Ron Livingston) est limité à un pourcentage soigneusement calculé des tâches ménagères et parentales, qui, une fois atteint, autorise le patriarche à se réfugier dans la chambre conjugale, où il se consacre à l’extermination de ses adversaires dans un jeu vidéo.

Aussi sympathique que soit la physionomie de Ron Livingston, cette figure paternelle tiendra le rôle du méchant dans cette histoire qui ne va pas rester banale. Plus que par la directrice d’école compréhensive, mais impitoyable, plus que par la belle-sœur aussi gourde que cruelle, c’est par le mâle du foyer qu’arrive le malheur. 

Après la naissance de Mia, Marlo finit par accepter la proposition, initialement refusée, que lui avait faite son frère, un parvenu sympathique (Mark Duplass, bénéficiaire de la générosité hors du commun de Diablo Cody à l’égard de certains de ses personnages secondaires) : il s’est engagé à payer les services d’une nounou de nuit, qui viendra chaque soir s’assurer que Marlo et Mia parviennent jusqu’au matin fraîches et reposées. C’est ainsi qu’un soir Tully (Mackenzie Davis) apparaît sur le seuil de la maison de Marlo.

La prouesse de l'actrice hollywoodienne Charlize THERON est remarquable, tant la transformation physique et psychique est impressionnante. Incarner un personnage dans une autre chair, n'est pas anodin pour une actrice qui encore quelques années en arrière, vivait des photos de mode. Le film est cependant un long fleuve pas si tranquille que cela, Jason Reitman nous propose une Mackenzie DAVIS mi-lesbienne, mi-dragueuse qui au final, n'est autre que le double de Marlo. La complexité des personnages, va dans ce sens du binôme contrarié, résumer l'histoire dans sa version familiale, c'est aussi abandonner le rapport "homme-femme", sur les premiers jours de la maternité, et du travail que cela représente à deux (mari & femme).

Note : 7/10

EF

Jurassik WORLD Fallen Kingdom
Vign_Jurassic_Park

Quel sort pour ce film sorti de la saga des dinosaures : Sortir la suite d’un blockbuster qui est le 5e volet d’une franchise de 3 décennies, mais dont le reboot, en 2015, avait pris d’assaut des records au box-office mondial, ce n’est pas une tâche à prendre à la légère...

Pour Universal, ce fut même le film, avec Fast & Furious, qui parvint à propulser le studio devant Disney, à l’échelle annuelle, sur la plupart des marchés internationaux. Oui, désormais, Universal Pictures, studio un peu à la ramasse dans les années 2000, compte parmi les plus puissants, envisageant même un rapprochement avec 20th Century Fox, pour contrer la logistique infernale Disney/Marvel/Pixar. Ils ont même acquis au sein de leur unité de distribution l’entité Dreamworks.

En raison de la Coupe du Monde, qui va éloigner le public mâle loin des salles obscures, Jurassic World Fallen Kingdom est sorti en avant-première dans le monde entier, cette semaine du 6 juin. En avant-première car les USA devront attendre la date du 22 juin pour découvrir cette nouvelle incursion dans la 5e dystopie du jurassique que propose le studio Universal. Les Yankees ne sont guère intéressés par le ballon rond, et pourront donc être attentifs au carnage de Bayona, qui est voué à secouer un box-office un peu somnolent depuis le triomphe des Avengers, en avril.

En France, le film a su fédérer 272.000 entrées pour son premier jour, en comptant les avant-premières de la veille. Des chiffres en retrait par rapport au premier reboot qui avait avalé 359.000 clients sur tout l’hexagone. Dotée d’un fort indice de contentement populaire, la saga peut se synthétiser comme suit : sur Isla Nublar, île fictive au large du Costa Rica, John Hammond, le PDG d’un groupe industriel, décide de créer un parc d’attractions préhistorique en redonnant vie par des manipulations scientifiques aux animaux d’époque.

Comme il se doit, les sauriens, trop bornés pour prendre conscience de leur statut d’attraction, se comportent comme des gougnafiers et grèvent les profits que leurs propriétaires entendent tirer de leur résurrection. Vertu de pure façade, puisque, en vérité, c’est le contraire : plus les dinosaures saccagent les infrastructures commerciales et plus ils dévorent de capitalistes véreux et autres savants fous à leur solde, mieux les films se portent.

Le film se regarde et se contente de lui-même, la poésie du début a disparu, au profit d'un travail de réalisation plus précis, où la virtualité des images bluffent les cinéphiles, à voir donc !

EF

Note : 8/10

Retour à Bollène
Vign_retourabollene

Synopsis : Nassim, 30 ans, vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine. Après plusieurs années d’absence, il revient avec elle à Bollène, dans le Sud-Est de la France, où il a grandi, pour lui présenter sa famille (mère et frangin(e) ). Nassim doit alors faire face à son passé, à sa ville sinistrée, désormais gouvernée par la Ligue du Sud, à sa famille avec laquelle il entretient des relations complexes et à ce père à qui il n’adresse presque  plus la parole...

L'histoire presque banale du retour du fils prodige dans une famille et fratrie, encore "ancrée" dans une cité désoeuvrée du sud de la France, pourrait faire sourire ou porter à confusion...Saïd Hamich, rencontré à Montpellier lors du Cinémed est avant tout un observateur du 7ème art, producteur et maintenant réalisateur, c'est sa vision de la vie (de ce qui le touche), qui m'interpelle !. Le réalisateur filme, mais garde aussi sa part d'humour, de décalage, et pointe du doigt l'évolution de la vie, au rythme de chacun. Certes, Saïd est partisan du dialogue, son art cinématographique affûté par son cursus enseigné à la Fémis, lui permet de notifier son regard, ses inquiétudes...

Se définit-il comme un enfant prodigue, le retour ? A-t'il filmé sa propre existence ?

Possible, même si cela reste une fiction… "Dans la vraie vie, celle de la France de 2018 où fleurissent sur la misère ambiante une économie de petit trafics et un nationalisme haineux, où se développe en réaction à l’exclusion un nouveau penchant pour la religion (le “repli communautaire“ ?)"...,Les sujets sont là, ils ont le mérite de créer des débats et surtout d'instaurer un cinéma intelligent et terriblement documenté. Pour avoir, dans le passé fait du "porte à porte" à Bollène, je confirme ce reclus d'une population enclavée dans sa misère sociale. Saïd nous convie à réfléchir sur une histoire dramatiquement contemporaine, peut-être que sa clairvoyance, fera prendre conscience du danger, d'une société sclérosée dans son mutisme communautaire. 

Eric Fontaine

Note : 8/10

Mon Ket (ma bataille)
Vign_François_Damiens

Synopsis : Dany Versavel a un souci avec son fils. Ce dernier a 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le "king" derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…

Mon ket est le premier film de réalisateur pour François Damiens, dans le 7ème art. Le comédien avait depuis longtemps en tête l’idée d’écrire un long métrage qui parlerait de la paternité et de la filiation. Il explique : "C’est un thème qui me touche beaucoup, celui de ses parents et donc des pères qui essaient de faire du mieux possible pour élever leur enfant mais qui au final font tout le contraire ! Il y a chez eux une vraie volonté de bien faire mais en les regardant agir, on sait nous que ce n’est pas la bonne façon de procéder et qu’évidemment c’est le gamin qui va morfler !"

C’est parti pour une succession de situations incongrues et burlesques, dans lesquelles Dany ne cesse de démontrer son irresponsabilité abyssale, prenant à témoin toute une série de "victimes" piégées par des dispositifs extraordinairement bien préparés. Le père en cavale initie son fils à l’alcool et au tabac, l’emmène chez un guérisseur…

Les rires fusent dans le public.A chaque fois, il pousse le bouchon plus loin. En observateur aguerri , il brosse les quidams qui croisent son chemin, et qui essaient de l’aider et de le comprendre, englué dans des situations surréalistes. Même confrontés aux horreurs que déballe le taulard en fuite, ils essaient de s’adapter, de sauver les meubles. Peine perdue, Damiens pulvérise tout sur son passage.

Le film "se raconte", même si la succession de sketches altèrent une impression de déjà vu à la télé, au fond si on vient au cinéma c'est pour lui, le chef d'orchestre qui séduit, par sa grossièreté et sa sensibilité à la fois. On pense aux gags que l'on a aimé et on retrouve quand même cette énergie bienfaitrice : Le Rire !

Note : 7/10

EF

La fête des Mères
Vign_33243570_2224374094246678_5600083573785755648_o

Petit rappel historique. A qui doit-on la Fête des mères ? Dans l'Antiquité, les Grecs célébrèrent en leur temps la mère du Dieu Zeus. Puis, il y eut le "Mother's day", créé aux Etats-Unis, en 1908, par une institutrice, Anna Jarvis, qui souhaita ainsi rendre hommage à sa mère qui soigna les soldats, blessés sur le front de la Guerre de sécession, nordistes comme sudistes.

En France, c'est pour saluer le courage des mères ayant perdu un fils sur le front de la Grande Guerre, qu'un jour leur est dédié, pérénisé ensuite sous l'impulsion du maréchal Pétain, cette fois pour encourager la politique nataliste de la République. Une célébration matriarcale orchestrée par le patriarcat donc. Ode à la maternité, à la sacro-sainte famille, la famille nucléaire classique, avec aux manettes, à l'ombre du foyer, au chaud dans la cuisine, la mère, la - toute puissante ou pas - maitresse de maison.

Marie-Castille Marion-Schaar : "J'ai fait ce film pour d'abord justement désacraliser la mère parfaite que l'on ne sera jamais, en tout cas moi que je ne serai jamais ! Mais aussi pour parler de la mère imparfaite que j'ai eue. C'est une mosaïque de personnages, et de mères et d'enfants, pour dire que ce n'est pas simple".

La charge mentale des femmes est importante. Il faut bien à un moment qu'on se dise, "ok, de toutes façons, quoiqu'on fasse ou dise, on nous reprochera toujours quelque chose", de même manière que l'on reproche la même chose à notre mère ou nos parents en général. L'essentiel est sans doute ailleurs, dans ce lien qu'il faut peut-être protéger, et faire attention au temps qui passe et à cette relation, qui est unique. Pour moi, c'était aussi important de parler des femmes qui ne veulent pas avoir d'enfant.

En 2018, c'est encore compliqué pour une femme de faire ce choix là. J'entends souvent dire que les femmes qui ne veulent pas d'enfants sont des femmes égoïstes, moi je pense qu'on est plus égoïste quand on en fait, que l'inverse. J'avais donc envie de faire parler des personnages qui faisaient ce choix-là. C'est donc une mosaïque de personnages autour de ce lien et de notre rapport à la maternité ou à la non maternité.

Le film tient le débat et c'est bien, le casting accompagne parfaitement le scénario, mais la complexité des scènes réserve un découpage parfois anarchique, un peu comme si la réalisatrice était avide de toutes les facettes du sujet. Certes on passe du fils à maman, à la fille en conflit avec sa mère, on ressent la solitude d'une maman en solo avec ses deux enfants, mais au fond avons-nous été en empathie, avec en filigrane un patchwork d'images, de situations et d'anecdotes qui survolent les sujets, sans toutefois en apporter l'essence principale : L'amour pour une mère singulière ?

Note : 5/10

E.F

La forme de l'eau
Vign_arton36981-c4c23

Génie contemporain du cinéma fantastique, grand conteur d’histoires et inventeur de formes, le Mexicain Guillermo del Toro, 53 ans, nous arrive aujourd’hui bardé de treize nominations aux Oscars pour La Forme de l’eau. Nonobstant la frénésie de communication que l’académie a su imposer à l’échelle planétaire, à commencer chez les journalistes, ce n’est évidemment pas une raison suffisante pour rendre son auteur estimable.

En cela semblable à la créature merveilleuse qui hante son film, del Toro mériterait plutôt notre admiration par la manière souple et déliée avec laquelle il parvient, depuis vingt ans, à nager dans les courants hollywoodiens, sans y perdre son intégrité.

Synopsis : L’Amérique clinquante du début des années 1960, détachée sur le fond obscurément paranoïaque de la guerre froide. Un laboratoire de l’armée ultra-secret, où une créature pêchée en Amérique latine, dotée de pouvoirs extraordinaires, devient l’objet d’étude de l’armée américaine. Mi-homme, mi-poisson, le monstre turquoise aux reflets ambrés, puissant et délicat à la fois, effroyable en même temps qu’aimable si cela se peut, suscite l’intérêt contradictoire de plusieurs personnages en particulier. En premier lieu son principal geôlier, l’inquiétant colonel Richard Strickland (Michael Shannon), incarnation brutale et putride (mordu par le monstre, il pourrit lentement par les doigts) de ce que les Etats-Unis comptent de plus réactionnaire, armé en permanence de son gourdin électrique, torturant la créature du matin au soir, inspirant la terreur à ses subordonnés, répandant la frigidité dans son foyer.

Le film cependant dénote des longueurs et une certaine nonchalance, à nous noyer dans un concept purement cinématographique, avec des artifices dignes du premier temps du cinéma. Le réalisateur, sans mettre en doute son savoir faire, nous livre ses créatures en carton pâte, en l'occurence un monstre aquatique. La Belle et la Bête en version fantasque et moderne, dans un emballage "vintage", bref on peut s'y ennuyer !

Note : 7/10

Eric Fontaine

The Disaster Artist
Vign_The_disaster_Artist

Il y a trois mois, The Disaster Artist n’était encore qu’une satire réjouissante de ­l’industrie du cinéma, dont le pas alerte était donné par son interprète principal et metteur en scène. James Franco s’était arrogé le rôle de Tommy Wiseau, auteur et interprète de The Room, long-métrage qui, depuis sa sortie en 1999, se retrouve régulièrement en tête des classements des pires films jamais réalisés, mais qui rentrent dans la classe des navets les plus rigolos...

­"Raconter et incarner cette histoire était pour James Franco un moyen de quitter élégamment sa défroque d’enfant prodige d’Hollywood (il va sur ses 40 ans), de faire montre de sa sagesse à travers le regard amusé qu’il pose sur l’industrie qui l’a élevé et nourri". Cette phrase sortie d'une critique de ce film, dans la presse Française commandite parfaitement l'illustration de l'ironisme actuel, intronisée par le cinéma Américain qui se mord la queue ! Entre 15 & 25 films sortis chaque semaine, dans nos salles de cinéma, on peut se demander quelle perversion est mis en avant pour alimenter, le règne d'une industrie moqueuse de réalisateurs à succès et de certains peu talentueux, et d'autres pas programmés.

Certes, évoquer Tommy Wiseau qui 17 ans en arrière avait lui-même dépensé 6 000 000 de dollars, pour un film ridiculisé à Hollywood, mais devenu culte par ses scènes naïves, me fait penser à certains de mes amis et aussi à moi-même qui avons cru à la réalisation, aux jeux de rôles des acteurs et qui au final, posent la question du ratage d'histoire....

Tout cela James Franco l'aborde dans un film qui scrute l'idéal comme le moins beau !

Au lendemain de la cérémonie des Golden Globes, qui a valu un trophée du meilleur acteur à Franco, une avalanche d’accusations s’est abattue sur le réalisateur de The Disaster Artist. Celui-ci est accusé par le mouvement "MeToo" d'être dans l'ornière fantasque et moribonde de l'acteur dragueur, harceleur et surement trop sûr de lui-même. Réflexion faite, The Disaster Artist est une symphonie du 7ème Art, où notre rêve de produire, de jouer, de prendre des risques n'a d'équivalent, dans une industrie vorace et surtout sans limite. Hommage à un ami qui cherchait sa gloire et qui aujourd'hui a "fêté" ses 2 ans d'échappatoire par son suicide réussi : Cet article est pour toi D....

Note : 8/10

Eric Fontaine

La Ch'tite famille
Vign_27067063_10213021853875245_3653680545606657980_n

Dix ans net après le film aux vingt millions d’entrées – Bienvenue chez les Ch’tis, son meilleur à ce jour –, Dany Boon, originaire du cru, a éprouvé le désir de repasser une petite couche nordiste sur sa ­filmographie. Non que son aura ait faibli, puisqu’il reste l’un des chouchous du box-office national avec plusieurs autres succès (Rien à déclarer, Raid dingue).

Avec La Ch’tite Famille, le réalisateur essaye de donner une suite au titre anthologique. Il a voulu simplement revenir au terreau d’origine après s’en être longtemps éloigné, quand bien même le film ne s’y installe qu’à peine. La fable, subtile, est d’ailleurs conçue pour susciter un effet de miroir entre fiction et réalité.

SYNOPSIS : Avec un scénario écrit sur mesure, Dany Boon incarne dans le film un artiste, Valentin, designer parvenu, avec son épouse, Constance (Laurence Arné), au top niveau de la création et de la snoberie internationales. On ne compte plus les riches éclopés qui se sont essayés à s’asseoir sur leur célèbre chaise à trois pieds. Derrière, beau-papa, une singulière ordure, active la machine à communiquer aussi bien que celle à billets. Valentin, quant à lui, s’est forgé un passé d’enfant abandonné qui lui permet d’occulter, y compris auprès de sa femme et de son beau-père, ses origines « honteuses » de Ch’ti pur jus, et sa famille, avec laquelle il a lâchement coupé les ponts. défi était de taille, dix ans après "Bienvenue chez les Ch'tis" et ses records d'audience (20,4 millions d'entrées !).

Mais avec 451 530 entrées dès le premier jour de sa sortie, "La Ch'tite famille" fait déjà très fort et signe le huitième meilleur démarrage pour un film français. Que vaut vraiment ce long métrage ? J'avoue que la facilité des gags et surtout le jeu d'acteur d'un Dany Boon, m'a fait oublier les 20 premières minutes éprouvantes du film en "Ch'ti patois" difficilement compréhensible pour un gars du Sud. Un film qui fera le bonheur des enfants, comme nous à l'époque de FERNANDEL !

Note : 6,5/10

Eric Fontaine

LADY BIRD
Vign_Lady_Bird

Le film sort ce mercredi 28 février, nous avons eu la chance de le visionner dans une soirée "avant-première", un choix judicieux pour un film, qui s'annonce "générationnel" dans sa mouture.Il y a des voyages qui comptent plus que d’autres. Pour l’actrice, scénariste et réalisatrice américaine Greta Ger­wig, il a consisté à traverser, il y a quinze ans, les Etats-Unis d’ouest en est. De Sacramento, Californie, là où elle a grandi, à New York, où elle s’est installée à 19 ans, avant de devenir une des figures du cinéma indépendant.

Son regard intuitif, son écriture scénaristique fait toute la différence dans le milieu du 7ème art, il apporte un sang neuf même si certain(es) parleront de l'influence de Sofia Coppola "Virgin suicides" Son premier film en tant que réalisatrice, Lady Bird, retrace ce voyage inaugural à travers la détermination de Christine McPherson, une lycéenne qui n’a qu’un rêve : quitter sa mère envahissante, son père chômeur et Sacramento pour le bouillonnement culturel new-yorkais. " Mes parents ont toujours été heureux au travail et se sont beaucoup impliqués dans la vie locale de Sacramento", explique Gerwig, comme pour rectifier son autoportrait cinématographique. "Leur engagement m’a appris à ne jamais rester passive.".

Pour l'heure, on a repéré l'acteur Franco-Américain Timothée Chalamet qui joue le rôle du séducteur face à l'actrice Saoirse Ronan... Le 4 mars, la 90e cérémonie des Oscars sera aussi pour lui l’occasion de soutenir l’équipe de Lady Bird, nommée dans cinq catégories, et dans laquelle il interprète également le rôle d’un jeune érudit. « Timothée est assez intimidant, confie la réalisatrice. J’ai pensé que son intelligence conviendrait bien au personnage de Kyle, dont les idées peuvent faire rire mais sont toujours fondées sur une réelle réflexion".

Le film est une fresque sociale de l'Amérique en mutation de la fin des années 90. Juste après, la période du 11 septembre 2001, ou l'on considère les populations du "middle life", ancrées dans le dogmatisme religieux et bien pensant ! Tout cela, augure la montée d'une jeunesse libérée qui savoure, les premières cigarettes et bières, tout en parlant sans bride d'une sexualité ouverte, pour des adolescents épris d'une liberté hors champ du contexte familial étouffant.

EF

Note : 8/10

Les "TUCHE" 3
Vign_Les_Tuche_3

L'histoire, s’installe doucement autour d’une affaire de TGV dont le village, tout excité à l’idée qu’il allait enfin passer à Bouzolles, rangé en ordre de bataille sur le quai de la gare pour l’accueillir en fanfare, découvre dépité qu’il ne fait que passer à grande vitesse. Outré de s’être fait ainsi rouler, Jeff Tuche appelle l’Elysée pour demander des comptes au président de la République, mais ne parvient pas à passer le barrage du standard. Lui vient alors l’idée de se lancer dans la campagne présidentielle, meilleur moyen selon lui pour faire entendre sa voix et s’expliquer d’homme à homme avec le chef de l’Etat.

Si ce scénario improbable a de quoi surprendre par son audace, on remarquera aussi tous les avantages que le réalisateur a obtenu, pour filmer les séquences de son film, il a obtenu l'accord des propriétaires d'un château dans les Yvelines...Olivier Barroux le réalisateur s'en amuse "Bon on a failli faire la demande pour l'Elysée, mais au final ça aurait été un non catégorique je pense !", précisait il sur BFMTV. Le plus surprenant venant du journal "Le Monde" :

"On croyait la comédie populaire française résolument ancrée à droite. Condamnée soit à célébrer les vertus d’une France éternelle fantasmée via des adaptations plus ou moins fossilisée de classiques de la BD ou de la littérature jeunesse, soit à flatter les penchants conservateurs des spectateurs (quand ce n’est pas leur inconscient raciste), soit à diluer les conflits de classe dans le grand bain de la culture entrepreunariale. Soit encore à dépeindre une société arrivée au stade terminal du consumérisme dont les personnages les plus positifs semblent sortis d’une émission de télé poubelle. Et puis sont arrivés Les Tuche."

Alors oui, nous avions nous aussi adhéré à l'esprit "Tuche" pour le côté déjanté de la comédie...Mais c'était surtout le "2". Bref, le dernier opus qui presque 1 mois après a fait 4 500 000 entrées, nous laisse à penser que le film ronronne bien. Vous serez comme le journaliste un "premium" sur cette saga, vous serez conquis ! Quelles sont les erreurs ? Une série de gags qui s'essoufflent quand la manière d'envoyer les anecdotes, confine le film à une série de péripéties sans vraiment apporter un esprit "Tuche", dans la folie première de Jean-Paul Rouve. Ce dernier patauge dans l'incarnation d'un personnage, moins en empathie avec ses fans. Bien entendu,quelques surprises mais loin d'être hilarant, ce film précise néanmoins son style : Une comédie familiale, pour les enfants accompagnés des parents !

EF

Note : 6/10

Le Retour du Héros
Vign_Le_Retour_du_Héros

Les péripéties de cet affrontement sont empruntées au western. Un duel entre l’officier et un notable est traité comme s’il était organisé sur la grande rue de Tombstone ; dans le rôle des Indiens, on a requis des cosaques, que le scénario a mobilisés en Bourgogne en l’an 1812 alors que les historiens les situent plus à l’est..

. Ces dissonances historiques pourraient être drôles si elles ne donnaient l’impression de procéder d’une grande désinvolture plutôt que de l’amour du non sense. Pourtant, les affrontements verbaux entre Jean Dujardin et Mélanie Laurent sont parfois drôles, le duo trouve un rythme qui lui est propre, il suffirait que des dialogues brillants l’alimentent. Il est souvent brisé par un gag appuyé, avec une posture un brin décalé sur l'incarnation du personnage de la jeune fille bourgeoise, trop contemporaine, qui à mon sens forme une dichotomie dans le jeu de rôle, et perd le cinéphile dans son ressenti général.

En 2018, il est impossible de faire passer pour un trait d’humour une gifle assénée à une femme pour la faire taire – la victime étant ici la jeune sœur, bavarde et diagnostiquée par les scénaristes comme nymphomane, pourtant le réalisateur Laurent Tirard, s'en amuse abondamment en plongeant ses seconds rôles, comme des accessoires cinématographiques, proches de clichés idiots (les parents pressés de voir leurs filles mariées, les amis naïfs, la soeur accros du sexe, la mère qui trompe son mari, etc...).

Déçu !

Note : 4,5/10 E.F

Le 15 h 17 pour Paris
Vign_Le_15_h_17_pour_Paris

Polémique sur le film : L'avocate du suspect de l'attaque du Thalys, Maître Mauger-Poliak, envisage d'attaquer la société de production Warner pour interdire le film de Clint Eastwood, "15h17 pour Paris". Un film qui dérange et qui pourtant a bien fait son entrée sur la toile dès  ce mercredi 7 février....

Le long-métrage 15h17 pour Paris qui retrace l'attaque du Thalys empêchée par trois américains en 2015, n'a pas réuni le public dès son lancement. Comme l'a indiqué France 3 Régions le jeudi 8 février dernier, l'avocate du suspect Ayoub el-Khazzani, est furax contre Clint Eastwood qui en quelque sorte à travers son film décrit l'héroisme Américain, elle rappelle que son client est toujours présumé innocent.

Citée par la chaîne publique, la magistrate a déclaré : "En France, on a des grands principes dont la présomption d'innocence. Là, on nous explique que Clint Eastwood va délivrer la vérité, avec une vision complètement unilatérale des faits, où la présomption d'innocence est bafouée. Je ne vois pas comment une instruction peut se dérouler sereinement quand on voit des personnes répéter des scènes du film avant de témoigner auprès d'un magistrat instructeur". Et d'ajouter : "J'avais demandé au magistrat instructeur d'organiser une reconstitution. On vient de me répondre que c'était inutile, puisqu'il y avait déjà le film. La justice se plie devant un réalisateur de fiction".

Ces propos lus dans "Closer" abîme incontestablement le charisme du réalisateur, affaibli par les médias qui n'ont pas été tendre avec lui, il a pour l'instant pas réagi à cette tempête médiatique. Nous avons vu le film, il est vrai que l'ennui des scènes de ces 3 compères, "jeunes" "fervents militaires" "touristes dragueurs" n'enchantent pas à dire que ce film est merveilleusement incarné. Du côté du terroriste, on n'a aucune piste ni aucune psychologie, bref on peut s'en passer.

EF

Note : 4/10

La promesse de l'aube
Vign_Pierre_Niney

C’est l’histoire d’un amour fou, inconditionnel, entre une mère et son fils, entre Romain Gary et sa mère Nina, et que l’écrivain retraça dans un roman, La Promesse de l’aube, sorti en 1960 et qui fût un immense succès populaire. C’est aussi le portrait d’une femme pugnace qui exige de voir son fils au sommet, étreinte par la conviction que sa progéniture est promise à un destin hors du commun. De cela, elle ne doute pas une seule seconde. L'histoire d'une mère et de son fils, au gré de changements de vies, durant le fil conducteur d'une existence allant d'une période militaire due à la 2ème guerre mondiale, aux voyages de l'écrivain et du spectre de sa mère, évoque un long métrage complexe.

Porté une première fois au cinéma en 1970 par Jules Dassin, cet amour filial renaît dans une adaptation réalisée par Eric Barbier. C’est une matière rêvée pour tout cinéaste où tous les ingrédients d’un bon scénario répondent à l’appel : La puissance mélodramatique, le romanesque échevelé, une passion amoureuse pas tout à fait comme les autres, le mélange entre réel et fiction, puisque La Promesse de l’aube est aussi l’histoire d’une fiction qu’une mère rêve de faire endosser à son fils et que celui-ci éclaire, des années après, d’une lumière rétrospective qui romance la matière autobiographique.

Pourtant, ce film si riche en perspectives aurait pu très bien révéler un ensemble prometteur, si ce n'est qu'une suite survolée par toute une existence décrite si richement dans le roman, loin du fantasque de l'auteur, si cinématographique mais malheureusement trop enrichi par les multiples changements scénaristiques, on s'y perd !

Note : 6/10

Eric Fontaine

Le crime de l'Orient Express
Vign_le-crime-de-l-orient-express-photo-johnny-depp-988984

Johnny Depp pour les quadragénaires, Daisy Ridley pour les plus jeunes, Kenneth Branagh, Judi Dench et Derek Jacobi pour leurs aînés anglophiles, Michelle Pfeiffer et Willem Dafoe pour leurs homologues américanophiles. Confinés dans un train bloqué par la neige, la douzaine de passagers interprétés par ces excellents comédiens tente de convaincre qu’il y a un quelconque intérêt à trouver le coupable de l’assassinat de l’un d’entre eux.

On ne va pas vous raconter l'histoire déjà mise en images au cinéma, par contre vous inviter à voir ce film malgré les moyens colossaux employés sur les effets numériques, ça c'est autre chose ! Déjà d'une part le film n'apporte guère plus de suspens que ses prédécesseurs en matière de découpage du scénario. Le réalisateur a tourné son long métrage sur 5 continents et l'assemblage est plutôt réussi, les paysages de la nouvelle zélande sont grandioses, mais ça ne suffit pas !

Alors, pour quelle raison ce film devient langoureux ? Sur le plan du découpage, les dialogues entre les personnages forment un huit clos qui enferme la machinerie technologique des décors, je m'explique : Le film est la narration d'une histoire que tout le monde ou presque connait déjà, le fait de parfaitement réussir la mise en images (décors, effets 3D, synchronisation des scènes) ne rajoute rien de plus. Les personnages sont presque en caricature, il suffit de voir Johnny Depp pour comprendre l'énigmatique personnage qu'il incarne, idem pour Michelle Pfeiffer, trop de maquillage apporte un côté "farce et attrape" à l'histoire. Kenneth Branagh le réalisateur a cependant réussi son "come back", le film qui a coûté 55 millions de dollars, en a rapporté plus de 150 millions aux USA, Angleterre et fait déjà l'annonce d'une suite sur les romans d'Agatha Christie !

Note : 6/10

Eric Fontaine

STAR WARS III "Les derniers Jedi"
Vign_Mark-Hamill-as-Luke-and-Daisy-Ridley-as-Rey-in-Star-Wars-The-Last-Jedi-640x320

Une semaine après la sortie nationale :

Star Wars : les Derniers Jedi, huitième épisode cinématographique de la série, a rapporté 450,8 millions de dollars à Disney dès sa sortie mondiale, la semaine dernière. Selon l’entreprise américaine, le film a engrangé 220 millions de dollars en Amérique du Nord et 230,8 millions dans le reste du monde.

Star Wars : les Derniers Jedi est la deuxième meilleure performance au box-office nord-américain pour un week-end d’ouverture, derrière l’épisode précédent, Le Réveil de la Force. Au niveau mondial, le huitème épisode de Star Wars devient le cinquième film le plus lucratif de l’histoire pour son premier week-end d’exploitation. Fast & Furious 8, sorti en 2017, détient toujours le record avec 530 millions de dollars de recettes.

Que nous reste t'il en mémoire, si ce n'est que la jeune Rey (Daisy Ridley) commence à s’assumer et à dévoiler son vrai potentiel, tandis qu’on comprend mieux les ambitions derrière l’énigmatique Leader suprême Snoke (Andy Serkis) et son apprenti Kylo Ren (Adam Driver). Si Finn (John Boyega) perd en épaisseur dans la panoplie de son personnage, il a paru bien moins séduisant que notre imagination le laissait supposer, surement question de notre fantasme !. Nous ne pouvons qu’être ravis du traitement accordé à Poe et son interprète Oscar Isaac. Avec un acteur de tel talent, il aurait été dommage de ne pas en profiter, comme ce fut le cas dans l’épisode sept. Heureusement, sa place dans le récit est désormais d’envergure et il en ressort ainsi plus influent. Une vraie bonne chose pour la suite.

Bref, un long-métrage lumineux, bien filmé dans son ensemble technologique, mais qui n'épouse pas notre soif de renouveau, dans la machinerie "Warsienne" que l'on pensait trouver. Conséquence : BOF.

Note 6/10

EF

Plonger
Vign_Plonger_Mélanie_Laurent

Plonger est un film dramatique français coécrit et réalisé par Mélanie Laurent, sorti en ce début décembre 2017. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Christophe Ono-dit-Biot, Grand prix du roman de l'Académie française et prix Renaudot des lycéens.

C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Cette dernière, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication.

Retour en images sur le début du film : Un couple fait l’amour dans une voiture, au milieu de la nature sauvage. La scène dure, elle est belle, c’est le début de l’idylle entre Paz, jeune photographe d’origine espagnole (Maria Valverde), et César, ancien reporter de guerre reconverti en critique d’art (Gilles Lellouche). La partie psychologique des personnages est plutôt réussie.

Mélanie Laurent dépeint ensuite les premiers temps de la passion dans un montage de moments lumineux qui transforme une série de clichés en une matière sensorielle plutôt vivace, d’où jaillissent ici et là, au passage, quelques clés pour le récit qui vient. A commencer par celle-ci : César veut un enfant ; Paz préfère danser et boire du vin. Le ver est dans le fruit, et les premiers nuages font leur apparition.Les images sont stylées, Mélanie Laurent aime le cinéma artistique et s'éloigne du fonctionnel narratif, par des dialogues à l'eau de rose. Quand la 2ème partie du film arrive, par le départ de Paz, qui décide partir au Yémen pour un projet photo. Arguant de sa connaissance de ce pays dangereux, et de l’impréparation de la jeune femme, César s’oppose à son voyage. Paz cède, et tombe enceinte. La grossesse s’accompagne, chez la jeune femme, d’une crise d’inspiration qu’elle compense en adoptant un requin, et voit grandir l’incompréhension entre les deux amants. Et puis le bébé arrive, et avec lui, de nouveaux défis pour elle, qui voit sa liberté aliénée, et pour son couple, qui en fait les frais.

Lellouche se retrouve seul avec le bébé, jusqu'à retrouver la trace de son épouse disparue dans les bords sableux du Yémen, c'est fini à tout jamais et le scénario s'échoue sur la mort de Paz !

Le film reprend l'écriture du livre, Mélanie transcrit au mieux l'amour des deux êtres, elle parvient à faire un bon début de réalisation, mais tombe très vite dans une redondance cinématographique qui rabâche le script, et nous fait "plonger" dans une fin tracée.

Note : 4/10

Eric Fontaine

LA VILLA
Vign_La_Villa_Robert_Guédiguian

SYNOPSIS : Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant et à l'aura de ses derniers jours. Les temps révolus, de leur jeunesse familiale et amicale, c’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal que leur a transmis le patriarche. Où se situe le monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…Migrants dans leur petite jeunesse, transis de froid en manque de repères, de chaleur humaine et de nourriture !

                             Le film de Guédiguian est profondément encré, dans une onde humaine, qui va générer le passé, le présent et le futur. Le réalisateur, toujours meurtri dans sa chair d'homme, évoque une histoire paradoxalement moderne qui réunit, les uns aux autres ou vis versa. Le prisme du passé est un artifice pour le scénario, Darroussin illustre son personnage en fin d'histoire d'amour avec Anaïs Demoustier (20 ans sa cadette), pendant que Jacques Boudet masque la réalité du temps en étant le socle de la famille.

                             Dans les calanques à quelques kilomètres de Marseille :C’est ici que se retrouvent, pour le veiller, les trois enfants de l’homme victime d’une attaque, cloué au lit dans le silence de sa fin annoncée. Fratrie éparpillée, dont la réunion tardive fait resurgir les tendres liens mais aussi les cruels fantômes du passé, l’incertitude douloureuse du présent, le défi de l’avenir dans un monde sous leurs yeux transfiguré. Tout cela, en quelques plans, est remarquablement posé, senti, montré.

Le film est un bon déroulé, loin des archétypes traditionnels qui ont tendance à scléroser l'esprit d'une histoire, ici le réalisateur appuyé par Ariane Ascaride qui a toujours soutenu, influencé la maitrise de Robert Guédiguian qui au final fait un cinéma, à épisode beau et chaleureux, c'est ce que l'on aime retrouver dans ses scénarios.

Note : 9/10

Eric Fontaine

Le Brio
Vign_Camélia_Jordana_et_Daniel_Auteuil

Lorsque la jeune Neïla Salah (Camélia Jordana) pénètre, en retard, dans le grand amphithéâtre d’Assas à Paris plein à craquer pour son premier cours de droit, loin d’elle l’idée qu’elle va passer un sale quart d’heure. Sous l’œil mi-effaré, mi-amusé de l’assemblée, la jeune femme, culture de banlieue, tchatche assumée et origines maghrébines en bandoulière, devient ipso facto la proie de Pierre Mazard (Daniel Auteuil), sommité du droit français, rhé­toriqueur hors pair, monument d’une conception élitiste et exclusive de la culture française.

Sévèrement chahutée par le vieux hussard, qui manie à merveille l’allusion raciste, la jeune fille est sauvée par l’irruption du président de l’université, venu annoncer l’ouverture des candidatures au concours d’éloquence, pour lequel l’université d’Assas a cette année une revanche à prendre.

La panoplie du scénario est mise en avant par Yvan Attal qui signe son film le plus humoristique de sa carrière. Sans allusion à l'humour caustique et ravageur du cinéma "British", le réalisateur nous offre un découpage de dialogues, qui peut s'apparenter aux joutes orales, dans des discussions en groupe, en binôme. La langue Française dans les dialogues, n'est qu'illusion vis à vis d'une histoire qui surfe sur les caricatures de la société. Les clichés sont certes nombreux, mis en abîme d'une continuité linguistique, pour ne pas souffrir d'un archétype cinématographique de base qui ne donnerait l'avantage qu'aux scènes dites racistes, ou aux injustices prônées par le sujet sur la banlieue.

Au final, on s'amuse du rire de Camélia Jordana presque ingénue face au dinosaure du 7ème art : Auteuil ironique !

9,5/10 + 1 césar pour Camélia Jordana

EF

Marvin ou la belle éducation
Vign_Jules_Porier

Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s'est quand même trouvé des alliés. D'abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l'encouragera à raconter sur scène toute son histoire. Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

Anne Fontaine (même nom que moi), rencontrée à Montpellier lors du Cinémed m'a d'abord salué et indiquait que ce n'était pas son nom, mais son prénom "Fontaine", ce qu'elle a redit sur France Inter la veille de la sortie du film ! Autre anecdote, c'est ma rencontre sur le plateau de tournage du film "Le Poulain", avec Finnegan Oldfield grand héros du film "Marvin et la belle éducation" ! Performance d'acteur et accord parfait sur l'histoire de Anne qui signe son meilleur film, meilleur sujet...

Au niveau psychologie des personnages, le contexte du rejet et de l'homophobie forment l'essentiel de la dramaturgie d'un scénario bien découpé, qui place les premières billes du film avec Grégory Gadebois dans le rôle d'un père de famille "borderline". Egalement on verra aussi les premiers pas de Jules Porier qui à mon sens n'a pas fini de nous étonner, dans une carrière future évidente !

A voir absolument !

Note : 9/10

En attendant les hirondelles
Vign_En_attendant_les_hirondelles

SYNOPSIS :Au premier temps des images de nuit, on trouve donc la peur, celle de cet homme âgé se retrouvant en pleine nuit isolé, un pneu crevé et témoin malgré lui d'une rixe entre plusieurs hommes, où la mort s'invitera de manière sournoise. Le personnage central ne fît rien, pire il ne porta pas secours face à la lente agonie de l'individu battu. Mourad et Lila, couple d’Algérois d’âge mur séparés mais complices, s’inquiètent, lors d’un dîner, de l’avenir de leur fils et aussi bien de la stagnation du pays. Le long de la rue en friche qui le ramène chez lui, Mourad lui est revenu chez sa femme et lui fait part de son témoignage .

Quelque chose se détraque alors inexorablement dans sa vie, tandis que le film l’abandonne à sa culpabilité et à son désarroi, pour suivre son assistant, Djalil, qui lui demande trois jours de congé. Karim Moussaoui le jeune réalisateur Algérien, détourne l'histoire sur ce couple informel Djalil et cette passagère songeuse, incarnée par la formidable Nadia Kaci...Tout ce désordre filmé, intervient dans ces tranches de vie dépourvues face au destin, aux contraintes de la vie tout simplement. L'ultime est alors finalisé avec ce chirurgien notable connu, lui-même témoin du viol de cette femme, viol qu'il n'a pas dénoncé et qui resurgit 15 ans après !

 Quelque chose bouge donc dans le cinéma algérien ? C’est Tariq Teguia (Rome plutôt que vous, 2006 ; Inland, 2008 ; Revolution Zendj, 2013), sans doute le plus grand cinéaste qu’ait jamais compté l’Algérie, qui a d’abord libéré les consciences, les gestes, l’horizon. Bien que Karim Moussaoui se partage entre Paris et Alger, son cinéma ne provoque pas, il interroge sans pour autant dénoncer. "Je ne suis pas dans un registre politique au sens strict du terme" évoque t'il à notre micro, durant l'avant-première de "Cinémed".

La frénésie de cet orchestre, le désert au sud d'Alger et ce groupe de jeunes, mélange d'hommes et femmes, dansant au gré du vent loin des regards, en dit long sur l'état du pays : Se cacher pour exister ? Le réalisateur invente un genre cinématographique, grâce au talent de sa scénariste Leyla Bouzid. Un film à ne pas louper.

Note :9/10 EF

Epouse-moi mon pote
Vign_Epouse_moi_mon_pôte

L'argument : Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

Notre avis : Parmi les derniers héritiers de ce qu’on appelait autrefois « l’esprit Canal » (ça parait loin...) encore visibles au cinéma, il semble ne rester qu’Alain Chabat, Omar Sy et la bande à Fifi. Tandis qu’on attend à la fin décembre la nouvelle comédie du premier et que le second rencontre son premier flop avec Knock, les troisièmes (qui sont davantage les héritiers de Michael Youn que des Nuls) en sont déjà à leur deuxième film depuis le début de 2017. Après tout, leur Alibi.com a connu l’un des meilleurs scores de l’année avec pas moins de 3,5 millions de spectateurs. Alors, tant que les fans répondent à l’appel du box-office, pourquoi se priver ? Et surtout, tant que leur humour régressif fait rire, pourquoi s’autocensurer ? En laissant l’écriture et la réalisation à son acolyte Tarek Boudali, le leader de la troupe, Philippe Lacheau, lui a permis de s’attaquer à une thématique dans l’air du temps mais non moins épineuse : le mariage pour tous.

Certes, un point de vue global chez les journalistes "ciné", hormis quelques irréductibles qui pensent que le réalisateur a fait fausse route, avec un sujet classé comme "homophobe" voir "raciste" chez certains. Les chiffres sont pourtant là : 1 700 000 entrées en seulement deux semaines, ce qui met ce film dans la catégorie "Succes-full" pour ses auteurs, qui d'ailleurs savourent leurs succès d'estime dans la capitale, auprès de leurs amis du showbizz !

Un film qui reste résolument moderne, dans l'esprit du web, du "stand-up" où l'on rit souvent des blagues potaches qui font du bien. Il y avait "Les Tuches" et aujourd'hui, c'est chose faîte : Le duo Tarek & Philippe fonctionne bien !

Note : 8/10

EF

Tout nous sépare
Vign_Duvauchelle_et_Diane_Kruger

Thierry Klifa, qui a déjà tourné deux films avec Catherine Deneuve, la filme avec une certaine élégance, elle est belle et lumineuse, ses dialogues sont convenus. Il lui sait gré d’être “toujours du côté du film, avec une vision généreuse et très globale, pas uniquement c’est d’ailleurs elle qui a suggéré que le personnage de Julia  (Diane Kruger) ait plus de consistance qu’à l’origine. Julia, si belle malgré son infirmité, souffre à cause d'une dépendance aux médicaments. Certes,  on aurait bien voulu en savoir plus sur les origines de son accident mais le réalisateur n’a finalement rien voulu expliquer car “TOUT NOUS SÉPARE se conjugue au présent, et même si on se doute qu’il y a une culpabilité de la mère, il ne fallait pas que ce soit la raison qui atomise le film.

Revenons sur cette violence des scènes qui peuvent choquer les plus jeunes cinéphiles, lors du combat avec les chiens en autre, mais aussi sur le rapport houleux du personnage incarné par Nicolas Duvauchelle, décrié comme "drogué et tyrannique". L'acteur se défend en disant que "Jouer un passionné, amoureux mais pas franchement méchant...C'est les caractéristiques de ce caïd, je n'ai pas cherché à faire peur avec la composition du personnage, je joue un dealer !".

L'intrigue révèlera NEKFEU à l'écran qui sert le film, par son charisme mais par le fait qu'il fait "le pont" entre Deneuve, Kruger et Duvauchelle...Un premier rôle en argent pour la star du rap qui a réussi à nous épater dans ce rôle de transmetteur de produits illicites. Au final la cruauté du scénario, mélangé à une faiblesse des dialogues, n'a pas convaincu nos équipes présentes à CINÉMED.

Encore une fois, il faut relever la justesse des scènes qui montrent cette peur de ne pas pouvoir rembourser une dette (l'histoire principale), qui bouffe le ventre et fait perdre les pédales. Ben, c’est Nekfeu, rappeur bien connu des jeunes, plutôt convaincant dans son premier rôle au cinéma, comme écrit plus haut. Le réalisateur “trouvait insolite de confronter l’icône éternelle du cinéma français à l’icône de la jeunesse", pari gagné ? Peu probable !

EF

Note : 5/10

 

Le sens de la fête
Vign_le-sens-de-la-fete-d-eric-toledano-et-olivier-nakache-avec-gilles-lellouche_5954150

SYNOPSIS : Max, un wedding planner au bout du rouleau, doit assurer un repas de noces dans un splendide château avec des convives de la grande bourgeoisie, un marié prétentieux et ridicule, très à cheval sur le programme précis des réjouissances que ses parents ont financé, etc. Evidemment, pour faire rire, rien ne doit se passer comme prévu et ceux qui doivent veiller à la bonne marche de l’organisation sont précisément ceux qui travaillent - par leur maladresse, bêtise, incompétence, désinvolture, distraction (liste non exhaustive) . Max, le petit patron qui est sur le point de revendre en douce son entreprise, porte sur ses épaules de brave râleur le poids des responsabilités et de la fatigue du type qui, bon an mal an, fait le maximum pour contenir dans des limites acceptables l’ampleur des catastrophes que ses employés assez globalement inefficaces déclenchent sans même s’en rendre compte.

Les serveurs font montre par ailleurs d’une certaine mauvaise grâce quand il leur est demandé de porter un habit de laquais en perruque. L’un d’eux, désigné par le groupe pour signifier au patron leur refus de porter le postiche, bégaie une non-revendication et quand, finalement, un autre s’en charge, Max signifie aux récalcitrants que chacun est libre d’enlever sa perruque à la condition de quitter son job sur le champ. Au cours de la soirée, la panique s’empare de Max qui, voyant surgir un invité non identifié, se convainc qu’il s’agit d’un inspecteur de l’Urssaf - une partie de ses employés sont embauchés au noir. A deux reprises, le wedding planner s’épanchera sur sa condition de petit patron accablé par une paperasserie administrative qui l’étouffe et confronté à une main-d’œuvre ingrate qui ne mesure pas tout ce qu’il fait pour elle.

Un sans faute surement dans l'organigramme du film, tous sont à leur place. Seul bémol, le côté grincheux et stressé de Bacri, omniprésent sur les 35 minutes du début de film, façonne un scénario qui fait la part belle à un acteur qui joue son propre "savoir faire". Hormis cette longueur, le film vogue sur une histoire mettant en scène un panel de figurants et d'acteurs qui peuvent par moment obstruer l'essentiel. Les deux réalisateurs font passer des messages : La difficulté des photographes de mariage (en voie de disparition), le rôle des organisateurs confrontés aux charges salariales, etc...

Note : 7/10

EF

120 battements par minute aux USA
Vign_1048270-picturetank-arj0226071jpg

Candidat français à l'Oscar 2018 du Meilleur Film Etranger, "120 battements par minute" sortira le 20 octobre dans quelques salles américaines. A cette occasion, le Grand Prix du dernier Festival de Cannes s'offre une jolie bande-annonce.

Ne l'appelez plus 120 battements par minute, mais tout simplement BPM (Beats Per Minute). C'est en effet sous ce titre que le long métrage de Robin Campillo, lauréat d'un Grand Prix cannois en mai dernier, sortira dans quelques salles américaines le 20 octobre, après un passage par les festivals de Mill Valley, New York ou Chicago.

Et à cette occasion, le candidat français pour l'Oscar 2018 du Meilleur Film Etranger, s'offre une bande-annonce sous-titrée en anglais. Si l'histoire d'amour entre Nathan (Arnaud Valois) et Sean (Nahuel Perez Biscayart) transparaît dans ces images, ce sont davantage Act Up et l'énérgie de groupe qui sont au coeur de cette bande-annonce dans laquelle on retrouve également le tube "Smalltown Boy". Mais la version originale, signée Bronski Beat, et non le remix d'Arnaud Rebotini que l'on peut entendre dans la BO que le public américain découvrira, en salles.

Plus d'un mois après sa sortie nationale, le film flirte avec les 745 000 entrées, Robin Campillo prône néanmoins que son film, met en lumière les 150 000 Français atteint du sida depuis 1978 soit l'équivalent de la ville de Nîmes. Toujours sur cette maladie : 1500 morts en France chaque année (35 000 décès depuis la fin des années 70). Aujourd'hui on déplore 7000 nouveaux cas de contamination pour la France, 30 millions de malades seront soignés dans le monde en 2020, sachant que sur la planète 1 million de morts comptabilisés en 2016, laisse à dire que l'on est loin du vaccin !

Le film, par son message scénaristique évoque tout ce panel de chiffres que l'association ACT-UP PARIS clame aux médias, aux politiques, à nous...Tellement le combat contre cette maladie est immense, le film reste l'unique grand témoignage de ces actions qui se poursuivent, à voir et à partager !

Eric Fontaine

Note : 8/10

ÇA
Vign_cafilm_0

Le colossal succès de Ça aux Etats-Unis (178 millions de dollars de recettes en dix jours d’exploitation), sans précédent pour un film d’horreur classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), force l’attention, mais pas tout à fait l’admiration.

"Ça" devient le film d'horreur, le plus rentable de l'histoire du cinéma.L'adaptation de Stephen King signée Andrès Muschietti "Andy" aux USA fait aussi un déluge d'entrées en France, 190 585 entrées pour le "one day" et la barre des 900 000 tickets vendus au bout de la première semaine !

Le secret du film : La courophobie qui est la peur du clown méchant est l'un des éléments, le casting composé d'adolescents réussit le tour de passe du film interdit au moins de 17 ans. L'histoire du romancier Américain s'est inspirée de la vraie tragédie du clown tueur dans les années 70. En effet 33 adolescents ont été torturé et violé par "Pogo" plus connu sous le nom de John Wayne Gacy, un vrai drame national américain qui hante encore les esprits aujourd'hui.

A regarder le film, on s'étonne néanmoins que le réalisateur a formulé l'histoire dans une ambiance "Amérique profonde", une petite ville perdue en campagne et des effets spéciaux récurrents, comme la coulée de sangs ou des cris retentissants, rien de trop imprévisible si on s'adonne aux thrillers traditionnels du 7ème art. La différence du succès est dans sa mise en forme des personnages qui réussissent malgré leurs jeunes âges à rester stoïque face au danger. A voir malgré quelques lenteurs...

Note : 7/10

EF

Barbara
Vign_Jeanne_Balibar_Barbara_

Jeanne Balibar est à la fois la Dame en noir et Brigitte, une diva exilée qui revient à Paris le temps de jouer le personnage. Le visage reconstruit par des prothèses, elle devient le quasi-sosie de Barbara. Ce qui n’empêche pas Jeanne Balibar d’être Brigitte en portant le masque et de devenir Barbara sans maquillage. Mathieu Amalric se filme lui-même en réalisateur confit en dévotion face à son sujet, pendant que l’équipe technique du film tient ses propres rôles. On ne sait plus trop de quel côté de la caméra on est censé être et le spectateur se retrouve dans la position du visiteur sur un plateau .

Au fond Mathieu Amalric filme son héroïne Jeanne (ex épouse dans la vraie vie). Il forme une dichotomie entre la raison et la passion, celle d'aimer "Jeanne" réincarnée en Barbara. Dans son scénario il cherche à retrouver le chemin de son enfance, il s'engouffre dans la voie du passé où son père mettait une cassette qui diffusait "l'Aigle noir" (Barbara). En retrouvant la voix de celle qui a bercé son enfance, il nous délivre une extension cinématographique entre l'incrustation d'images d'époque sur la chanteuse, et ses propres plans "caméra" dans les images d'illustration sur Barbara.

Mathieu a été accessoiriste, costumier, cantinier ou encore régisseur sur des vrais plateaux de cinéma, "Barbara" est le mixage de tout cela, même s'il nous avance comme voyeur à travers les décors de son long métrage admirablement interprété par Jeanne Balibar alias Brigitte, alias Barbara. Avec le prix Jean Vigo 2017 décrochera t'il le César ?

Attention, ce jeu, amusant en lui-même, n’est pas gratuit. Il est aussi le moyen de mettre en scène la construction de la figure de Barbara par Monique Serf, la petite fille juive cachée pendant la guerre qui a échappé de peu au néant auquel la promettaient les nazis. L’habile scénario de Philippe Di Folco et de Mathieu Amalric enchâsse de longs moments narratifs dans le jeu des illusions, comme ce concert à Châteauroux, reconstitution aussi sobre qu’exacte.

Note : 7,5/10

Eric Fontaine

Wind River
Vign_wind-river-taylor-sheridan-film-critique-jeremy-renner-300x188

Synopsis : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, Cory va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…Entre l'enquête policière et la vengeance due au malheur de son passé, l'homme du terrain agile chasseur en collaborant avec la police, il va assouvir sa soif d'une violence justicière !

 Envoyée par le FBI pour qualifier ce décès très suspect, Jane Banner (Elizabeth Olsen) est une policière coriace mais un peu dépassée par l’environnement extrêmement hostile : la neige et le froid à n’en plus finir, le manque de moyens de la police tribale qui devait l’épauler, le fond d’hostilité des Indiens de la police locale, qui ont du ressentiment envers les blancs (« Why is it that whenever you people try to help us, you always insult us first, huh? » dira par exemple à juste titre Martin (excelle Gil Birmingham), le père de la victime, à Jane qui s’adressait à lui d’une manière peut-être maladroite). Elle s’adjoint donc les services de Cory, un homme qui connaît la montagne comme sa poche et qui a un pied dans chaque communauté, puisque son ex femme est de la réserve et que son fils est un métis Arapahoe.

Le film e déroulant dans la réserve de Wind River, Wyoming (délocalisée en Utah pour des raisons de budget), que le réalisateur connaît très bien pour l’avoir fréquentée très régulièrement de sa vingtaine à sa trentaine, le film met en scène la mort de Natalie (Kelsey Asbille), une jeune indienne qui est retrouvée un matin gisant dans la neige maculée du sang qui a semblé sortir par grands jets de sa bouche. Celui qui l’a découverte, c’est Cory Lambert (impressionnant Jeremy Renner), un gars taciturne des Eaux et Forêts, pisteur chasseur de grands prédateurs. Le film est un thriller plongeant dans l'art taciturne du cinéma noir, les corps gelés et l'atmosphère glacial montrent un scénario bien ficelé et surtout poignant dans sa résolution macabre.

8/10

EF

La planète des singes "suprématie"
Vign_La_planète_des_singes

Un peu d'histoire su cette saga cinématographique : Depuis ses débuts à l’écran, l’une des grandes forces de la série inspirée du roman de Pierre Boulle (La Planète des singes, 1963) est de susciter des figurations politiques au cœur même des ­enjeux les plus spectaculaires du cinéma hollywoodien.

En 1968, dans le film inaugural de Franklin J. Schaffner, un pilote (Charlton Heston) était projeté dans un futur où les rapports de pouvoir entre primates et humains s’étaient renversés. Depuis, l’idée de relativiser la place de l’homme dans le règne animal, à la source de la série, implique à chaque fois un véritable défi visuel (animer les singes, leur conférer une intelligence et un langage) et permet d’entrecroiser plusieurs thèmes toujours d’actualité, comme le racisme, la lutte des classes, les dérives de certaines croyances religieuses et le spectre d’une ­catastrophe écologique à venir !

Malgré son anthropomorphisme, le troisième volet de la saga impressionne par son caractère technique et d'effets numériques époustouflants. Le film se regarde comme un conte moderne où les méchants (les militaires) responsables de la dégradation du monde animal, tempèrent leur pouvoir maléfique dans une nuée technologique guerrière, qui ne laisse aucune chance aux grands singes, les victimes d'un combat inégal et illégal ! Woody Harrelson campe le personnage du colonel en proie avec ses démons : L'extermination de la race des grands singes.

Ultra caricaturé dans le rôle d'un dictateur militaire, il est à la tête d'une junte solidement armée, c'est là le coeur de l'histoire et le dilemme que les animaux plus futés devront mettre en place dans une stratégie mesurée. Le film est un défi permanent entre le 3D, les maquettes et le gigantesque décor de la prison réalisé durant Cinq mois au Canada, il aura fallu aux ingénieurs plusieurs semaines de montage des singes robots, pour ensuite au montage réaliser l'incrustation des expressions autour des yeux, technologiquement c'est très abouti !

Note : 8/10

EF

© 2011
Créer un site avec WebSelf